Les objectifs de développement durable de l’ONU pourraient devenir un instrument de capture du développement par les multinationales, selon des experts

Autor/in: Mathieu Paris, Observatoire des multinationales, Veröffentlicht am: 11 March 2019

« Les ODD, symboles d’un développement par et pour les multinationales ? », 7 mars 2019 

En 2015, les Nations Unies adoptaient solennellement 17 « objectifs de développement durable » (ODD) déclinés en 169 cibles, ainsi que la feuille de route pour les atteindre : l’ « Agenda 2030 »…

[Les ODD] confient explicitement un rôle majeur aux multinationales dans l’atteinte de leurs objectifs... 

En l’absence de garde-fous quant à l’utilisation de la référence onusienne, et dans un contexte de confusion des rôles entre public et privé, les risques de dérive sont énormes…

[Les ODD] sont si généraux qu’ils peuvent être interprétés de différentes manières. Et chaque entreprise peut choisir « son objectif » et de détourner les yeux de l’impact général de ses activités…

Veolia par exemple, légitime la privatisation de l’eau en Inde en s’appuyant les objectifs de développement des Nations Unies… 

…[La] place de choix accordée aux multinationales par les ODD, à côté et parfois à la place des États et des agences onusiennes, est aussi souvent un moyen de légitimer la privatisation de services publics, ainsi que les partenariats public-privé…

Exemple avec Total. Selon des documents internes inédits du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) auxquels nous avons eu accès, l’entreprise pétrolière française l’a contacté pour demander un partenariat officiel autour de son projet d’oléoduc de 1445 kilomètres de long en Ouganda et en Tanzanie…

[Les ODD] pourraient surtout devenir un instrument de capture du développement, et du système onusien lui-même, par les multinationales.

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Betreffende Unternehmen: Coca-Cola Enterprises Danone Dow Chemical Total Veolia (formerly Vivendi Environnement)