Nouvelle-Zélande : Ikea accusé d'accaparement de terres indigènes et de greenwashing; avec les commentaires de l’entreprise
En Nouvelle-Zélande, Ikea accapare des terres et menace les écosystèmes indigènes", 27 février 2024
Depuis 2021, la multinationale suédoise a acheté plus de 23 000 hectares de terres en Nouvelle-Zélande afin d’y planter des pins. Objectif : accroître sa production de meubles tout en promettant de compenser ses émissions de CO2. Une opération de greenwashing dénoncée par des Māoris rencontrés par Disclose...
Pour son enquête documentaire sur Ikea, Disclose s’est rendu en Nouvelle-Zélande, dans la région de Gisborne, située dans le nord-est de l’archipel. Ici, l’ogre suédois a acheté 6 000 hectares via son fonds d’investissement Ingka. Au moins 550 hectares seront réservés à la plantation de pins radiata destinés à compenser son empreinte carbone, comme le révèle un document de l’agence gouvernementale des investissements étrangers obtenu par Disclose. Pour faire pousser ces arbres, la multinationale a prévu de raser des fermes à Huiarua et Matanui...
Depuis 2021, sur la vingtaine de terrains tombés dans l’escarcelle d’Ingka, le fonds d’investissement d’Ikea, au moins 11 fermes vont devoir être rayées de la carte, d’après le registre foncier de l’État néo-zélandais. Des villages seront rasés et les paysages de prairies remplacés par des alignements de pins, tous identiques.
L’appétit du géant suédois — qui engloutit un arbre toutes les deux secondes — le pousse même à grignoter des forêts millénaires et détruire la végétation autochtone...
« Acheter des fermes juste pour donner l’impression que votre entreprise est durable sur le plan environnemental… Ce n’est durable que pour vos résultats financiers. Ce n’est durable ni pour nos communautés, ni pour notre société, ni pour notre planète, déplore l’éleveuse Kerry Wornsnop. Tant que ces grandes entreprises, aussi puissantes soient-elles, ne seront pas mises devant leurs responsabilités, elles continueront à acheter des fermes, et à détruire des communautés, en espérant que personne ne s’en rendra compte. C’est de l’enfumage. »
Dans un courriel envoyé à Disclose, Ikea assure travailler « en collaboration avec le département de la protection de la nature de Nouvelle-Zélande » et dit surveiller étroitement « les effets environnementaux de [ses] activités, notamment l’impact sur la biodiversité et les cours d’eau ». La firme suédoise affirme également qu’elle ne plante pas d’arbres « sur les terres les plus productives » qu’elle a achetées...