20% des 35 plus grosses entreprises de conserverie connaissent les conditions de travail et sociales de leur chaîne d'approvisionnement, selon un rapport

Auteur: Augustine Passilly, Libération (France) , Publié le: 6 June 2019

« De l'esclavage moderne dans le thon en boîte », 4 juin 2019

La traçabilité de la filière du thon laisse à désirer. C’est la conclusion du rapport de Business & Human Rights Resource Centre (BHRRC) publié le 3 juin. Cette ONG engagée dans la lutte contre les violations des droits de l’homme a sondé, entre novembre 2018 et janvier 2019, 35 entreprises représentant les 80 marques de thon en boîte les plus vendues dans le monde. Le principal enseignement de cette enquête concerne l’opacité des chaînes d’approvisionnement puisque «seulement 20 % des entreprises interrogées (7 sur 35) ont cartographié l’ensemble de leur chaîne». De quoi se pencher sur les conditions à la fois humaines, avec des risques de recours à l’esclavage moderne des ouvriers, et environnementales de production d’un des poissons les plus consommés au monde...

Les marques contactées nient avoir observé la moindre trace de travailleurs en situation d’esclavage moderne. Et c’est bien ce qui inquiète les auteurs du rapport. Quelque 19 des 35 entreprises consultées ont tout de même demandé à leurs fournisseurs directs de bannir cette pratique. Mais seulement trois – Thai Union, Simplot et Tri Marine – ont élargi cette interdiction à l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement...

Devant ce manque de transparence, la chercheuse du BHRRC invite les leaders du thon en boîte à «entreprendre une cartographie et un examen approfondis de leur chaîne logistique» tout en regrettant que seuls 9 d’entre eux aient recours à la traçabilité digitale....

 

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Entreprises concernées: Safcol Simplot Thai Union Group Tri Marine