Côte d’Ivoire : Impacts de l’exploitation minière sur les communautés de la commune de Hiré

Crédit photo: Action pour la Protection des Droits de l’Homme

L’Action pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH), qui est membre de laCoalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains (CIDDH), a indiqué que les communautés vivant dans la localité de Hiré, située dans le Département de Divo au sud-ouest de la Côte d’Ivoire ont subi des violations des droits de l’homme commises par la société minière Newcrest. L’APDH a réalisé une évaluation d’impact sur les droits de l’homme pour recueillir des informations et évaluer quatre principes fondamentaux relatifs aux droits de l’homme : le droit à un environnement sain ; le droit à l’alimentation ; le droit à l’eau et à l’assainissement ; le droit à la jouissance de la propriété privée/le droit à la terre. L’évaluation comprenait des études, des groupes de discussion avec la population locale et des enquêtes qui ont conduit à la publication d’un rapport (pdf), ainsi que des missions de terrain prospectives.

Les résultats de la recherche ont révélé que les activités de Newcrest ont eu un impact négatif sur les communautés locales depuis le début des opérations dans la localité de Hiré. La dégradation des terres cultivables a conduit à un déclin de la production de bois et de l’agriculture — ce qui s’avère particulièrement problématique pour le droit à l’alimentation des communautés. Les activités minières et l’utilisation du cyanure pour l’extraction de l’or ont pollué les ressources en eau potable des communautés, donnant à l’eau une teinte rouge. La société n’a pas encore dédommagé les populations pour l’utilisation de leurs terres, et empêche certaines personnes dont les terres n’ont pas été sélectionnées pour les activités de l’entreprise d’accéder à leurs terres avec des fils barbelés. Les engagements de la société de créer des activités génératrices de revenus pour les femmes et de construire des infrastructures sanitaires pour les populations locales n’ont pas été respectés — certaines infrastructures sanitaires ont été construites, mais ne sont pas opérationnelles et sont laissées telles quelles depuis lors.

Les obstacles pour garantir le respect des droits de l’homme dans la région sont, sans s’y limiter, le manque de soutien de la part des autorités administratives pour remédier aux abus des entreprises extractives ; l’absence des organisations de la société civile lors de la négociation des contrats avec les entreprises extractives ; et les risques, menaces et intimidations des industries extractives — parfois encouragés par les autorités locales — auxquels les défenseurs des droits de l’homme sont confrontés. En dépit de ces limitations, la lutte contre les violations a été renforcée par le fait que les communautés affectées se sont rendu compte que c’est dans leur intérêt commun de lutter contre les abus et par conséquent de cultiver la solidarité.

Chronologie:

  • 2007 — Début de construction de la mine
  • Août 2008 — Début de la production commerciale
  • 2015 — Réalisation de l’évaluation d’impact sur les droits de l’homme & publication du rapport