Cameroun : Impact de la construction de barrage sur les communautés à Lom Pangar

Photo credit: World Bank

Le Réseau Camerounais des Organisations des Droits del’Homme (RECODH) a réalisé une étude d’impact en matière de droits de l’homme pour évaluer les effets de la construction d’un barrage à Lom Pangar, dans l’est du Cameroun, sur 69 villages et vingt mille personnes affectées par le projet. Les entreprises impliquées dans le projet sont l’autorité contractante, l’EDC (Electricity Development Corporation qui agit sous la tutelle du Ministère de l’Eau et de l’Énergie), le chef de projet, Coyne et Bellier, et la société responsable de la construction du barrage, China International Water & Electricity Corporation. Les organisations membres du RECODH ont recueilli des informations sur le terrain, contacté les autorités compétentes, et mené des recherches sur les travaux précédents concernant le sujet et sur les conventions pertinentes. L’évaluation a été conçue pour recueillir des informations et évaluer six principes fondamentaux relatifs aux droits de l’homme : le droit à la santé ; le droit à un logement convenable et à un abri ; le droit à l’éducation ; le droit à l’alimentation ; le droit à la dignité humaine et le droit à un travail décent. L’évaluation comprenait des entrevues, des enquêtes et des groupes de discussion avec la population concernée. Une attention particulière sera accordée aux groupes marginalisés.

Les conclusions ont été publiées dans un rapport en 2013. L’évaluation a trouvé que le projet pourrait avoir un impact négatif sur les différentes questions relatives aux droits de l’homme susmentionnés lors des différentes phases de la construction. Les obstacles pour s’assurer que ces droits sont respectés sont la méconnaissance de la population locale de ses droits, le manque d’accès aux moyens de communication (radio, TV, internet, etc.), l’ignorance et la non-utilisation des voies de recours juridiques, le faible niveau d’éducation, le faible niveau de participation de la communauté à la phase de consultation et de mise en œuvre du projet et la corruption des représentants du gouvernement et de l’entreprise. Bien qu’un mécanisme de gestion des plaintes ait été mis en place et plus de 1000 plaintes déposées entre janvier et juin 2013, la plupart de ces plaintes étaient soient rejetées ou les promesses d’indemnisation non tenues. Par ailleurs, plusieurs victimes n’ont pas déposé de plaintes à cause des menaces ou parce qu’elles ignoraient l’existence de ce mécanisme et la manière de l’utiliser.

Voir ici pour les réponses & non-réponses de l’entreprise concernant le rapport. Le barrage est financé par la Banque Mondiale, La Banque Africaine de Développement, et la Banque Européenne d’Investissement

Chronologie :

  • 2012 — Démarrage de la construction du barrage
  • 2014 — Publication du rapport de l’étude d’impact en matière de droits de l’homme.
  • Janvier — Juin 2013 — Plaintes soumises dans le cadre du mécanisme de gestion des plaintes
  • Juin 2016 — Début d’une nouvelle mission de terrain pour évaluer l’impact du projet depuis la dernière évaluation
  • Août 2016 — Date prévue de fonctionnement effectif du barrage