Congo : Impacts de l’exploration du sable bitumineux sur les communautés et l’environnement

 

Photo credit: Heinrich Boll Stiftung report

En 2008, la société pétrolière Eni a signé un accord avec le gouvernement congolais afin d’investir dans le sable bitumineux et l’huile de palme au Congo. Suite à cette annonce, les organisations de la société civile, y compris La Rencontre Pour la Paix et les Droits de l’Homme(RPDH) a commencé à documenter et à évaluer les impacts du projet sur les communautés. L’évaluation a porté sur dix principes relatifs aux droits de l’homme : le droit à l’information ; le droit à la santé ; le droit à un environnement sain ; le droit à l’alimentation ; le droit à l’eau et à l’assainissement ; le droit à l’éducation ; le droit à un logement convenable et à un abri ; le droit à la vie ; le droit à la liberté d’expression et le droit à la liberté d’association. L’évaluation a entrainé la publication d’un rapport en 2009. 

Les résultats de recherche ont révélé que les activités d’exploration et d’exploitation expérimentale réalisées dans le cadre du projet ont donné lieu à des violations des droits de l’homme et à des dégâts sur l’environnement. Le projet serait caractérisé par un manque de transparence et de participation des populations locales, la pollution de l’air, des fleuves et des sols, ainsi que par des impacts négatifs sur les conditions de vie et de logement et sur l’agriculture. Les ONG ont également soulevé des préoccupations quant au manque d’infrastructures sanitaires et éducatives, et à la répression violente des plaintes exprimées par les communautés locales.

Suite à l’évaluation, les ONG et les églises locales ont tenté de faciliter un dialogue entre la société, la communauté et le gouvernement, et d’assurer la couverture médiatique de la question afin d’éveiller les consciences au niveau national et international. Elles se sont également employées à accroître la sensibilisation sur la nécessité de réformer les lois sur les forêts et l’environnement. Enfin, elles ont contacté les investisseurs et la haute direction d’Eni, le Conseil des droits de l’homme à travers le processus d’examen périodique universel, ainsi que le Parlement et la Commission Européenne. Ces initiatives ont été soutenues et menées notamment par les femmes dont les activités agricoles ont été affectées par le projet, ainsi que par les jeunes chômeurs. 

Les principaux obstacles rencontrés étaient la nécessité — et la difficulté d’obtenir — la preuve scientifique de la pollution de l’eau, du sol et de l’air ; la présence de sociétés privées de sécurité qui contrôlaient la zone et imposaient des déplacements forcés ; le non-respect des engagements ; la difficulté de mener une résistance pacifique de la part des citoyens en raison d’un faible état de droit et de la violence du gouvernement et des forces de sécurité privées ; le manque de protection des organisations et des défenseurs des droits de l’homme ; la faiblesse des lois environnementales ; le manque de transparence des informations en raison des clauses de confidentialité de certains accords stratégiques ; et le manque de ressources techniques et financières.   

La société a réagi aux allégations en 2009.

Chronologie :

  • 2008. Accord entre l’Eni et le gouvernement de la République du Congo pour un investissement de 3 milliards USD aux fins d’exploration et d’exploitation du sable bitumineux sur une concession de 1790 kilomètres carrés.
  • 2009-2013 : Publication de plusieurs rapports par le RPDH et les partenaires sur les impacts du projet sur les droits humains des communautés locales et sur l’environnement.