Afrique : les syndicats du secteur minier lancent un réseau régional pour renforcer les droits des travailleurs et la responsabilité des entreprises face au boom des minerais critiques
Traduction informelle du BHRC - "African mining unions launch network to defend workers' rights" - IndustriALL Global Union, 30 July 2026
« Les syndicats africains du secteur minier ont lancé le Réseau africain des mines (AMNet) afin de coordonner les actions régionales dans le secteur. Le réseau se concentrera sur les droits des travailleurs miniers, le travail précaire, la santé et la sécurité au travail, les minerais critiques, la responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement et une transition juste à travers le continent. » Plus de 50 délégués issus de 12 pays africains ont convenu de mettre en place une plateforme commune, soulignant que « les syndicats du secteur minier continuent principalement de s’organiser à l’intérieur des frontières nationales. À l’inverse, les entreprises minières opèrent facilement au-delà des frontières ».
« Les participants ont identifié les contrats précaires, la faiblesse de l’application des normes de santé et de sécurité et l’empreinte croissante des entreprises minières chinoises comme autant de défis qu’aucune organisation affiliée à IndustriALL Global Union ne peut relever seule. » Le réseau a souligné que « l’Afrique fournit les matières premières nécessaires à la décarbonation mondiale, mais reste largement cantonnée à leur extraction, avec une industrialisation limitée et de faibles liens avec la transformation locale… La sous-traitance, le recours à des intermédiaires de main-d’œuvre et l’informalisation ont davantage érodé les relations de travail classiques et affaibli la négociation collective. » En matière de sécurité, « les risques pour la santé et la sécurité restent graves, en particulier dans les exploitations souterraines et les opérations faiblement réglementées. La ratification et l’application de la Convention de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines (C176) sont inégales, laissant les travailleurs miniers africains exposés aux décès, aux accidents et aux maladies professionnelles. » La réunion a également relevé que « les cadres volontaires en matière d’ESG et de devoir de diligence relatif aux droits humains ont eu un impact limité, notamment lorsque les mécanismes d’application sont faibles et qu’il n’existe pas de mécanismes contraignants permettant d’établir les responsabilités ». Les premières actions concrètes du réseau cibleront deux chaînes d’approvisionnement.
La première est celle d’Impala Platinum, « qui s’étend des mines situées au Zimbabwe et en Afrique du Sud jusqu’aux usines de Volkswagen en Allemagne. Les syndicats prévoient d’utiliser cette chaîne d’approvisionnement comme levier, en collaboration avec le Human Rights Due Diligence Competence Centre et dans le cadre de la législation allemande sur les chaînes d’approvisionnement, afin d’obtenir réparation lorsque des violations sont constatées. » La seconde concerne les diamants, avec notamment De Beers parmi les producteurs invités à une réunion prévue en août au Botswana. « Il s’agit d’un réseau important qui doit servir de plateforme pour renforcer le pouvoir des syndicats : défendre les droits des travailleurs, renforcer les syndicats, demander des comptes aux détenteurs de capitaux et façonner une transition juste qui profite aux travailleurs miniers africains », a déclaré Kemal Ozkan, secrétaire général adjoint d’IndustriALL.