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Côte d'Ivoire: Les transformateurs et exportateurs locaux de cacao craignent la faillite car ne pouvant pas rivaliser avec les grandes multinationales du secteur

"La filière cacao en Côte d’Ivoire dans la tourmente", 9 mars 2020 

Les transformateurs et exportateurs de cacao ivoiriens membres du GNI (Groupement des négociants ivoiriens) tirent la sonnette d’alarme depuis fin février. Ne pouvant rivaliser avec les compagnies multinationales dans l’achat de fèves de cacao, ils affirment être menacés de faillites. Des négociations sont en cours.

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, 50% du cacao produit est certifié durable, c’est-à-dire que sa production répond à des normes sociales et environnementales. Ce cacao certifié, vendu plus cher que le cacao ordinaire, est acheté en quasi-totalité par les multinationales implantées en Côte d’Ivoire, comme Barry-Callebaut, Olam ou Cargill, grâce à des primes allouées à cet effet par les grands chocolatiers tels que Lindt, Mondelez, Ferrero ou Nestlé. La quasi-totalité de ces primes sont d’ailleurs versées à ces multinationales qui les répercutent aux intermédiaires, mais elles n’atteignent pas les producteurs.

À ce problème s’en ajoute un autre pour les entreprises ivoiriennes. « Il est impossible pour un transformateur ou exportateur, quel qu’il soit, ivoirien ou international, d’acheter du cacao non certifié, s’il ne dispose pas de primes de cacao certifié "durable", car tous les intermédiaires imposent pour livrer du cacao ordinaire qu’on leur achète aussi du cacao certifié », explique Constance Kouamé, secrétaire générale du GNI...

Si rien ne change, les opérateurs ivoiriens seront donc dans l’impossibilité d’honorer leurs contrats d’exportation de cacao non certifié. Des discussions se sont donc ouvertes entre le GNI, le GEPEX, qui représente les exportateurs internationaux, et le Conseil Café Cacao (CCC)...