Les Etats-Unis cherchent à s'emparer des minerais critiques de l'Afrique malgré leur accord controversé avec la RDC, selon un analyste
"Les États-Unis confirment leur emprise sur les minerais africains malgré la suspicion soulevée par l’accord conclu avec la RDC", 20 février 2026
Le 4 février 2026, à Washington, s’est tenue la Critical Minerals Ministerial, un sommet réunissant des délégations de plus de 50 pays, dont sept pays africains, dans le but de sécuriser l’accès aux minerais critiques utilisés dans la transition énergétique.
Parmi les participants à ce sommet organisé par les États-Unis, la Guinée, un pays d’Afrique de l’Ouest riche en bauxite et en fer...a signé un protocole d’accord, le 5 février, avec les États-Unis. Ce protocole fait d’elle le troisième pays à signer un tel accord, après la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda en décembre 2025. Dans ce registre, le Maroc a également signé un protocole d’accord avec les États-Unis, lors du sommet.
Ces accords traduisent une intensification des efforts américains pour accéder aux minerais critiques et les exploiter, une industrie jusque-là dominée par la Chine. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en 2024, la majorité du cuivre, du lithium, du cobalt, du graphite et des gisements de terres rares a été transformée par la Chine...
Fin janvier, la RDC a envoyé à Washington une liste d’actifs miniers à examiner dans le cadre du partenariat sur les minéraux, selon Reuters.
Le déplacement du président Tshisekedi à Washington s’inscrit dans la continuité de l’accord stratégique bilatéral signé par les États-Unis et la RDC, en décembre dernier...
Cependant, depuis février 2025, certaines parties de l’Est de la RDC, en particulier la province du Nord-Kivu, sont sous le contrôle du M23...En réponse, le président Tshisekedi a sollicité l’aide de son homologue américain, celui-ci ayant négociées les Accords de Washington pour la paix entre les deux pays.
« Aujourd’hui, avec le Congo et le Rwanda, les États-Unis signent également des accords bilatéraux qui leur ouvriront de nouvelles opportunités d’accès à des minerais critiques et fourniront des avantages économiques à nos différentes parties », a déclaré le président Trump, lors de la cérémonie de signature de l’accord de paix en décembre.
Cependant, cette volonté américaine de lier politique étrangère et paix, dans la région, suscite des craintes au sein de la société civile...
En signe de protestation, en janvier 2026, un groupe d’avocats et de défenseurs des droits humains a saisi la Cour constitutionnelle par une requête, soulignant que cet accord nécessite en amont l’approbation du parlement de la RDC ou un référendum, étant donné qu’il pourrait affecter les lois nationales. Selon eux, puisque ce processus n’a pas été suivi, la signature de cet accord constitue une violation de la Constitution congolaise.
D’autres soutiennent que l’accord offre peu de garanties en matière de droits humains et de droit de l’environnement.
« Les États africains et tous les pays ayant des minerais sont les grands perdants, parce qu’aucune promesse n’a été faite sur les droits humains. Aucune. Les droits de l’homme, la justice et la protection de l’environnement restent dans des angles morts », a déclaré Jean-Claude Mputu, porte-parole d’une coalition d’organisations de la société civile appelée « Le Congo n’est pas à vendre »...