Madagascar: La société civile demande aux nouvelles autorités d'arrêter l'accaparement des terres par les multinationales
"Madagascar : accaparement de terres, entre espoir et méfiance", 13 novembre 2024
Le collectif Tany qui rassemble plusieurs organisations et associations défendant notamment les intérêts des paysans de la Grande île...les récentes annonces des nouvelles autorités sur l’accaparement de terrains au détriment des populations rurales...
Le collectif avait notamment dénoncé le projet hôtelier de luxe porté par des investisseurs du Golfe dans l’archipel des Mitsio et validé par l’ex-président Andry Rajoelina. Cet investissement suppose l’expropriation de villageois...
Tany se réjouit de la prise de conscience de cette problématique par le gouvernement dit de refondation...qui a affirmé que les terres spoliées allaient être rendues aux communautés locales...
« Un conseil juridique missionné par les autorités a effectué des visites sur le terrain, a écouté la population et collecté de nombreuses données. Avant toute prise de décisions sur chaque cas, une analyse minutieuse de la situation juridique de chaque petite île, chaque réserve foncière touristique et surtout des nombreuses parcelles menacées d’accaparement sur Nosy Be devra être effectuée», défend le collectif qui s’inquiète toutefois d’autres projets en cours...
« Les nouvelles autorités devraient s’exprimer sans tarder sur la mise en œuvre du projet de zone franche internationale touristique en collaboration avec les Émirats Arabes Unis...Tany souhaite que le Premier ministre...se positionne sur ce dossier...
Il s’interroge aussi sur certaines nominations, comme celle de la députée Hanitra Razafimanantsoa au ministère d’Etat chargé de la refondation...elle avait négocié, en 2008, la location de plus d’un million d’hectares de terre à la société sud-coréenne Daewoo pour 99 ans...
Le collectif s’inquiète enfin des investisseurs en crédits carbone. Actuellement, une dizaine de projets de compensation carbone sont développés sur une superficie de près de 900 000 hectares, des projets entrepris par différents acteurs comme l’Etat, des ONG ou des entreprises étrangères. Le 6 juin dernier, un décret a été adopté pour élargir les droits d’accès au marché du carbone forestier...
Cette nouvelle réglementation, « en l’absence d’initiatives de régulation en matière de transparence et de redevabilité des porteurs de projets», pourrait « alimenter une vague d’accaparements verts au nom de la biodiversité et de la protection de la nature et ainsi menacer les moyens de subsistance de millions d’exploitants familiaux», note-t-il...