RDC : Quatre défenseurs des droits humains poursuivis en justice après la publication d'un rapport dénonçant l’exploitation illégale de l’or et du diamant
"Tshopo : quatre défenseurs des droits humains poursuivis après un rapport explosif sur l’or et le diamant", 20 février 2026
Les organisations membres de la société civile dénoncent les menaces dont sont victimes, quatre défenseurs des droits humains poursuivis en justice à la suite de la publication d’un rapport dénonçant l’exploitation illégale de l’or et du diamant. Au cœur de cette offensive judiciaire, la coopérative Comya Don de Dieu, appuyée, selon les organisations signataires, par des autorités locales et des intérêts privés liés au secteur minier.
Le 30 janvier 2026, des citations directes ont été déposées devant le Tribunal de paix Makiso/Kisangani contre Gauthier Kasonya (Patrice Emery Lumumba pour le Développement Communautaire, la Défense et la Promotion des Droits Humains PELDDH)), Léonard Zama (Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR)), Kapipa Simplice (PELDDH) et Malindo Fayzon (PELDDH). Les activistes sont poursuivis pour diffamation et imputation dommageable. Deux semaines plus tard, le 14 février, une entreprise chinoise non identifiée a, à son tour, saisi le Parquet près le Tribunal de paix de Kisangani/Kabondo (RMP 3397/24/1/1/wad) contre les mêmes militants. Pour de nombreuses organisations de la société civile, ces poursuites ont tout d’une manœuvre d’intimidation judiciaire, destinée à faire taire les voix critiques qui dénoncent le pillage systématique des ressources naturelles de la région.
À l’origine de la tempête judiciaire, la publication du rapport intitulé « Qui alimente l’exploitation illégale de l’or et du diamant dans la province de la Tshopo ? Défis, impacts et voies de réforme », élaboré par l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) et Patrice Emery Lumumba pour le Développement Communautaire, la Défense et la Promotion des Droits Humains (PELDDH). Le document met à nue des pratiques présumées de fraude, de contrebande et d’exploitation illégale à grande échelle, impliquant des acteurs locaux et des réseaux d’intérêts économiques puissants...
Selon les organisations signataires, l’enquête s’est heurtée à de multiples obstacles avant même sa publication. Les chercheurs affirment avoir sollicité des informations officielles auprès du ministère provincial des Mines, des divisions compétentes et de la DGRPT. Ils disent avoir essuyé un refus catégorique. Plus grave encore, deux enquêteurs à savoir : Gauthier Kasonya et Malindo Fayzon, auraient été agressés dans l’enceinte du ministère par un agent de sécurité, qui aurait déchiré leurs correspondances officielles et leurs vêtements.
Après la diffusion du rapport, les auteurs affirment avoir reçu des appels anonymes, des menaces de mort, des insultes et des intimidations répétées. Ces faits avaient déjà été dénoncés dans un communiqué daté du 10 décembre 2025, signé par 36 organisations de la société civile, ainsi que par plusieurs avocats engagés dans la défense des droits humains...