France : Un contrat psychologique pallierait au statut contractuel des travailleurs de plate-formes, selon des théoriciens des ressources humaines

Auteur: Genevieve Shanahan et Mark Smith, La Tribune (France), Publié le: 21 January 2019

« "Gig economy" : prendre en compte le contrat psychologique », 16 janvier 2019 

...Les travailleurs de nombreuses plates-formes veulent aujourd'hui [être considérés comme des employés.] Les livreurs Uber demandent le droit à la syndicalisation et ceux de Foodora réclament le remboursement de leurs frais de fonctionnement, comme la maintenance des vélos et le coût des données mobiles. D'autre part, les travailleurs d'Amazon Mechanical Turk demandent à être traités comme des êtres humains et non comme des algorithmes…

Les théoriciens du management en ressources humaines…ont développé [le] concept [de contrats psychologiques] pour décrire les divers engagements non écrits…que les employés et les employeurs pensent avoir les uns envers les autres…[tels que] la flexibilité dans le cadre du travail, la prise d'initiatives, l'évolution des rôles et la loyauté envers l'employeur…

[Cette] théorie…nous indique que l'emploi dans la gig economy, tout comme d'autres types de relations de travail à court terme, a tendance à être plus « transactionnel » que « relationnel »…Pour certaines personnes, ce type de contrat transactionnel convient parfaitement.

Cependant,…[les] travailleurs sont mécontents. La théorie du contrat psychologique offre deux explications possibles aux tensions au sein de la gig economy : soit les travailleurs ne sont pas satisfaits des termes du contrat psychologique, soit ils considèrent que la plate-forme en a enfreint les modalités…

Bien que l'on puisse affirmer que les personnes ont accepté ces conditions, le consentement devient confus dès lors qu'il existe peu de meilleures options. Dans certains pays, les jeunes sont confrontés à un manque d'offres d'emplois, ce qui les pousse vers des petits boulots précaires et mal rémunérés.

Il est également possible que les travailleurs aient initialement accepté ce contrat psychologique, mais ont ensuite considéré que la plate-forme en avait violé les termes. Quand Deliveroo a encouragé ses effectifs à adopter un nouveau contrat de service, affirmant qu'il serait plus intéressant pour les livreurs, le volume de travail s'est révélé insuffisant pour maintenir les revenus de certains : c'est un exemple de violation du contrat psychologique.

La perception est un aspect important du contrat psychologique. Cependant, la perception du travailleur et celle de l'entreprise ne sont pas forcément compatibles…

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Entreprises concernées: Amazon.com Deliveroo Foodora Uber