Guinée: La gestion des redevances versées par l'entreprise minière Rusal pose de sérieux problèmes de transparence, selon une enquête

Auteur: Mamadou Aliou BM Diallo, aminata.com (Guinée), Publié le: 12 February 2019

"Mines-Kindia : les redevances minières de Rusal suscitent la discorde", 6 février 2019

A l’image des autres préfectures qui abritent des activités minières, Kindia perçoit d’importantes redevances versées par la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK), détenue par Rusal, au titre de la contribution au développement local (CDL). Ces mannes financières constituent les plus importantes ressources de la préfecture. Mais leur gestion ne fait guère l’unanimité...En 2016, la compagnie russe a versé à la préfecture de Kindia un montant de 2 989 453 500 GNF conformément à son engagement, selon le rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) 2016...A Kindia, la CBK verse annuellement des montants au titre de la CDL en faveur des zones impactées par l’exploitation minière. A ce titre, l’entreprise a payé plus 23,326 milliards de francs guinéens entre 2001 et 2017...La redevance portant sur la CDL payée par la CBK a permis aux collectivités bénéficiaires de réaliser certaines infrastructures.  Néanmoins, la question de la gestion rationnelle des fonds se pose. On constate ainsi que le coût de réalisation des infrastructures varie selon la source...malgré nos multiples demandes, aucun document officiel attestant la réalité des propos des uns et des autres ne nous a été transmis par les autorités citées ci-haut...Le président de la jeunesse de Friguiagbé reste insatisfait de la qualité des infrastructures réalisées avec les fonds déclarés. « Parler des réalisations à Friguiagbé, c’est un faux-débat. Quand vous prenez le marché, les femmes se plaignent », souligne Ben Oumar Soumah...La gestion rationnelle des redevances locales constitue un réel défi pour les localités minières, notamment Kindia, dans la mesure où l’identification des priorités de développement, la gestion des investissements, la transparence et la redevabilité se heurtent aux pratiques peu orthodoxes des responsables locaux. Ceci rend peu profitables les redevances versées par les sociétés minières au bénéfice des communautés impactées par les activités minières. La mauvaise gestion des CDL peut entrainer l’affaiblissement du cadre institutionnel local, l’échec des programmes et projets de développement local, l’accentuation de la pauvreté dans les communautés. 

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Entreprises concernées: RUSAL