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L’or à la croisée des chemins : Étude d’évaluation des chaînes d’approvisionnement en or produit au Burkina Faso, au Mali et au Niger

Auteur: Roberto Sollazzo et l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), Publié le: 1 October 2018

L’objectif général de l’étude est de promouvoir la responsabilité des acteurs économiques, la traçabilité et la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais d’or produits dans les États membres de l’ALG (L’Autorité de Développement Intégré de la Région du Liptako-Gourma)...La production d’or au Burkina Faso et au Mali constitue le principal moteur des exportations et une part importante des recettes publiques. Le secteur extractif au Niger reste par contre dominé par la production de pétrole et d’uranium. Au Burkina Faso, 12 mines d’or industrielles sont actuellement actives et ont produit 45,5 tonnes d’or en 2017. Au Mali,9 mines industrielles ont produit 49,6 tonnes d’or en 2017. Au Niger, la mine d’or de Samira, la seule du pays, produit 1,5 tonne de métal par an. Au total, la production d’or industrielle enregistrée dans les trois pays pour l’année 2017 a donc atteint 96,6 tonnes...Au total, l’EAPE représenterait, pour l’ensemble des trois pays, un volume de production compris entre 15 et 85 tonnes, une estimation probable situant ce chiffre à environ 50 tonnes par an, soit un volume qui représente plus de 50% de la production industrielle légalement enregistrée pour l’année 2017. Au cours moyen de l’or pour l’année 2017, cette production représentait une valeur de 2,02 milliards de dollars américains. La très grande majorité de cette production est exportée illégalement...environ 1 500 000 personnes seraient directement employées par l’EAPE au Mali (400 000), Niger (450 000) et Burkina Faso (200 000) et 6 100 000 personnes en dépendraient au moins partiellement (Hilson, 2016), sur une population cumulée dans les trois pays de près de 60 millions d’habitants. 10% de la population des trois pays concernés seraient par conséquent indirectement liés à l’EAPE...Les risques de corruption, fausses déclarations, blanchiment d’argent et non-paiement des taxes ainsi que le développement de pratiques contraires aux droits humains, comme le travail des enfants, la prostitution et les violences sexuelles diffuses et le travail forcé, figurent parmi les vulnérabilités observées dans le secteur. Ainsi, le nombre d’enfants sur les sites d’orpaillage au Burkina Faso, Niger et Mali dépasserait les 100 000 individus...Dans une moindre mesure, l’implication des forces publiques de sécurité a été relevée...L’activité des collecteurs et des comptoirs dans les trois pays ne fait l’objet d’aucune traçabilité sur l’origine des fonds ni d’enquête de moralité sur les opérateurs...Un ensemble de groupes armés non-étatiques sévit dans les trois pays objets de l’étude...un ensemble de témoignages signale unecroissance des incidents liés à l’activité de ces groupes autour de sites de production d’or, artisanal et industriel, dans la région...[Le rapport se termine par d'importantes recommandations].

 

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