La commercialisation de pesticides dangereux interdits en Europe est au cœur du modèle d’affaires de Syngenta, selon un rapport ; avec les commentaires de l’entreprise

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Article
23 April 2019

Suisse : Syngenta se défend des accusations de profiter de la vente au Brésil des pesticides interdits en Suisse

Auteur: Thierry Clémence et Feriel Mestiri, RTS (Suisse)

« Syngenta accusé de vendre au Brésil des pesticides interdits en Suisse », 16 avril 2019 

Trois millions de tonnes de pesticides sont épandues chaque année dans le monde, surtout au Brésil. Dans son rapport publié lundi, Public Eye accuse Syngenta de gagner des milliards de francs avec des produits interdits en Suisse…

Le Brésil est le plus grand utilisateur de pesticides au monde, y compris pour la catégorie de pesticides considérés comme dangereux pour la santé ou l'environnement...

…Selon Public Eye, [les] pesticides [qualifiés d'extrêmement dangereux] rapportent gros à leurs fabricants : 42% de leur chiffre d'affaires, soit environ 22 milliards de francs dans le monde en 2017. Les deux tiers du 1,8 million de tonnes de substances dangereuses sont vendus dans des pays en développement ou émergents…

Le directeur de Syngenta Suisse, Roman Mazzotta, affirme ne pas vouloir réagir à la campagne politique que mène Public Eye: "Nos produits sont sûrs, ils font l'objet d'inspections sur le long terme et sont contrôlés régulièrement. Il faut de nombreuses années pour qu'un produit soit homologué. Il n'y a donc pour nous aucune raison de retirer ces produits du marché."...

La porte-parole de Public Eye reproche à la multinationale de profiter de la faiblesse des réglementations dans certains pays pour y vendre des produits toxiques, dont bon nombre ne sont plus autorisés en Suisse, ni dans l'Union européenne.

Mais pour le directeur de Syngenta, la réglementation brésilienne en matière de produits dangereux est tout aussi stricte qu'en Suisse…

Dans tous les cas, ce business est légal. Il n'empêche que pour pour Public Eye, "ces pratiques sont vraiment illégitimes". C'est pourquoi l'ONG demande l'interdiction d'exporter des produits bannis en Suisse en raison de leur dangerosité pour la santé ou l'environnement…

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Rapport
22 April 2019

Suisse : Un rapport de l’ONG Public Eye révèle les profits que Syngenta réalise grâce à l'exportation de pesticides dangereux interdits en Europe

Auteur: Public Eye (Suisse)

« Syngenta gagne des milliards en vendant des pesticides extrêmement dangereux », 15 avril 2019

Dans un rapport publié aujourd’hui, Public Eye met pour la première fois en lumière l’ampleur d’un commerce aussi secret que lucratif : les pesticides extrêmement dangereux. En croisant des données de Philips McDougall avec la liste des 310 substances présentant les risques les plus élevés pour la santé ou l’environnement, établie par le Pesticide Action Network (PAN), nous estimons ce marché à environ 22 milliards de dollars en 2017, ou quelque 1,8 millions de tonnes de substances actives. Environ deux tiers de ces volumes ont été vendus dans des pays en développement ou émergents.

Alors que Syngenta vante ses efforts en matière d’innovation et de durabilité, l’enquête inédite de Public Eye révèle que la commercialisation de pesticides extrêmement dangereux est au cœur de son modèle d’affaires. 15 des 32 pesticides présentés comme ses produits vedettes figurent sur la liste noire de PAN. En 2017, le géant bâlois a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 3,9 milliards de dollars grâce aux pesticides extrêmement dangereux, selon nos estimations. La multinationale profite de la faiblesse des réglementations dans des pays comme le Brésil, l’Argentine ou l’Inde pour continuer à vendre ses « blockbusters » toxiques, dont bon nombre ne sont plus autorisés en Suisse ou dans l’Union européenne…

…Dans une pétition, Public Eye demande à Syngenta de s’engager enfin à mettre un terme à la production et à la vente de pesticides extrêmement dangereux. En tant que pays hôte du numéro un mondial des pesticides et pays producteur, la Suisse doit aussi prendre ses responsabilités, en interdisant l’exportation de pesticides bannis sur son sol en raison de leurs effets sur la santé ou l’environnement…

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