Le Gabon accuse Veolia de pollution suite à la rupture de leur contrat; l'entreprise s'en défend

Souscrire au flux RSS de cette rubrique

Tous les éléments de cette histoire

Article
27 February 2018

Le Gabon accuse Veolia de pollution

Auteur: Voice of America (Etats-Unis)

Le gouvernement gabonais a accusé mardi l'entreprise française Veolia de pollution sur son sol, tandis que les deux parties s'écharpent quotidiennement depuis la résiliation par l'Etat le 16 février du contrat de Veolia, qui distribuait l'eau et le courant au Gabon. "Sur la quasi-totalité des sites exploités par la SEEG (Société d'énergie et d'eau du Gabon, filiale de Veolia détenue à 51% par l'entreprise française), il existe d'importants dégâts environnementaux", a déclaré...Alain-Claude Bilie By Nze, ministre de la Communication. "Les huiles et carburants sont déversés à même le sol, sans protection, sans aucune précaution, en violation flagrante du code de l'environnement", a-t-il indiqué...soulignant que "des enquêtes seront menées"..."Est-il possible que les sites d'exploitation d'une entreprise comme Veolia en France présentent autant de dégâts sur l'environnement ? Est-il possible qu'en France, Veolia déverse dans les rivières des hydrocarbures et des huiles usagées ?" a questionné le ministre d'Etat. Le gouvernement gabonais a résilié la concession de Veolia au Gabon le 16 février en "réquisitionnant" les locaux de la SEEG, mettant de facto un terme au management de Veolia. L'entreprise avait dénoncé à l'époque une "expropriation brutale". Depuis, l'entreprise comme le gouvernement gabonais multiplient les interventions dans les médias, s'en prenant à l'autre partie dans une communication offensive. Si Veolia assure que les règles du contrat initial en termes d'investissements étatiques "n'ont pas été respectées", le Gabon assène que près de 1.000 milliards de francs CFA (1,5 milliards d'euros) ont été investis par l'Etat dans la SEEG, selon M. Bilie Bye Nze. La SEEG est souvent critiquée pour les nombreuses coupures de courant et autres pénuries d'eau à Libreville et en provinces. "On ne peut produire d'eau si on n'a pas d'usine...Et cela, c'était du ressort de l'Etat", avait indiqué mi-février...Helman le Pas de Sécheval, secrétaire général du Groupe Veolia...Fait également référence à Shell, Sinopec et Sodexo).

Tout lire

Article
27 February 2018

Veolia répond aux accusations de pollution faites par Libreville

Auteur: Voice of America (Etats-Unis)

Le gouvernement gabonais a accusé l'entreprise française Veolia de pollution sur son sol, dernière étape dans les accusations mutuelles des deux parties depuis la résiliation par l'Etat le 16 février du contrat de Veolia, qui distribuait l'eau et l'électricité au Gabon. "Sur la quasi-totalité des sites exploités par la SEEG (Société d'énergie et d'eau du Gabon, filiale de Veolia détenue à 51% par l'entreprise française), il existe d'importants dégâts environnementaux", a déclaré...Alain-Claude Bilie By Nze, ministre de la Communication. "Les huiles et carburants sont déversés à même le sol, sans protection, sans aucune précaution, en violation flagrante du code de l'environnement", a-t-il indiqué...soulignant que "des enquêtes seront menées"..."Il est surprenant que toutes les instances de contrôle des autorités publiques (...) n'aient jamais mis en lumière de dégâts environnementaux, alors qu'elles ont diligenté des audits tout au long de la concession", a réagi un porte-parole de Veolia...soulignant que "la SEEG est soumise à des audits réguliers des autorités gabonaises, plus d'une dizaine ces dix dernières années"..."L'eau produite et distribuée par la SEEG est toujours potable" et "répond à toutes les exigences sanitaires de l'Organisation Mondiale de la Santé, supérieures aux réglementations gabonaises", a affirmé Véolia, après que le ministre de la Communication se soit inquiété...de la qualité de l'eau au Gabon suite aux accusations de pollution.

Tout lire

Article
2 March 2018

Gabon: Veolia accusée de pollution, une ONG réclame une enquête

Au Gabon, la société civile commence à réagir dans l'affaire Veolia-Etat gabonais. Jeudi, l'ONG Croissance saine environnement (CSE) a commenté, lors d'une conférence de presse, les affirmations du gouvernement gabonais qui accuse Veolia d'avoir pollué des cours d'eau au Gabon. Durant sa conférence, l'ONG Croissance saine environnement n'a pas souhaité s'ingérer dans la polémique sur la rupture du contre de Veolia au Gabon. Nicaise Moulombi, président de l'ONG : « Le conflit né aujourd’hui est tout simplement la conséquence du flou qui a existé dans la signature de ce contrat en 2007 jusqu’en 2018. A cause de ce flou qui existe, nous demandons au gouvernement gabonais et à Veolia de publier l’entièreté de leur contrat, y compris les annexes confidentielles. »...En revanche, Croissance saine environnement est ravie d'entendre le gouvernement accuser Veolia d'avoir pollué plusieurs sites de pompage d'eau. Cette ONG dénonçait les pratiques environnementales peu orthodoxes de Veolia au Gabon depuis 2004...Mais pour ne pas condamner gratuitement le groupe français, l'ONG demande la mise en place d'une commission pour faire la lumière sur les présumés crimes environnementaux dénoncés par le gouvernement : « Nous demandons une commission quadripartite, c’est-à-dire l’Etat gabonais-Veolia-Croissant saine environnement et les collectivités locales parce que le pays, la population, la biodiversité ont besoin d’être rassurés. Donc nous avons besoin d’aller au fond. »...Veolia reconnaît qu'en 20 ans de présence au Gabon, il y a eu une seule pollution, à Oyem au nord du pays. Il soutient que le site a été dépollué par des professionnels internationaux. Aucune contre-expertise n'avait été réalisée, déplore Croissance saine environnement qui avait alerté l'opinion sur cette pollution. La Banque africaine de développement a attribué l'année dernière un don de près d'un milliards de francs CFA à Croissance saine environnement pour lutter contre la pollution autour des sites industriels. L'ONG souhaite investir une partie des fonds dans l'enquête sur le cas Veolia.

Tout lire

Article
10 March 2018

Gabon: Veolia veut une conciliation internationale suite à son différend avec l'Etat

Auteur: RFI

Le groupe Veolia monte au créneau dans le bras de fer qui l'oppose à l'Etat gabonais. Il a déposé jeudi 8 mars une demande de conciliation internationale auprès d'une instance de la Banque mondiale : le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) à Washington. Cette demande de conciliation fait suite à la récente décision de l'Etat gabonais de résilier son contrat avec la filiale locale du groupe Veolia, la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG). Les autorités justifient cette décision par une « dégradation de la qualité du service rendu aux usagers ». Elles accusent notamment l'entreprise française de « pollution sur son sol ». Une campagne de « diffamation », selon le secrétaire général de Veolia, Helman Le Pas de Sécheval. Dès que nous avons été expropriés il y a trois semaines maintenant, le 16 février, on a immédiatement examiné les conséquences de cet acte soudain, et un peu brutal de notre point de vue, et on a examiné toute les voies de recours possibles contre ce que nous considérons être une action injustifiée et surtout illégale. Donc la SEEG, notre filiale au Gabon, a déposé une demande. La première phase, c’est une demande de conciliation internationale : donc on appelle le gouvernement gabonais à la conciliation. Cette première phase durera quelques semaines, mais elle va beaucoup dépendre de l’attitude du gouvernement gabonais. Si le gouvernement veut entrer dans une conciliation, ça peut aller vite. S’il le refuse, alors nous entrons dans une deuxième phase, qui est une phase contentieuse, mais toujours devant le CIRDI.

Tout lire

Article
16 April 2018

Privatisation: Chassée du Gabon, Veolia saisit une nouvelle fois l’arbitrage international

Auteur: Jérôme Duval, Observatoire des multinationales (France)

Le Gabon, après vingt ans de privatisation de son eau et son électricité au profit de Veolia, vient de décider de se débarrasser unilatéralement de la multinationale française. S’il est difficile d’établir les torts respectifs de Veolia et du gouvernement gabonais, leurs relations ayant toujours été marquées par la connivence et le secret, une chose est sûre : le groupe français a décidé une nouvelle fois, après l’avoir fait contre l’Argentine, l’Égypte ou encore la Lituanie, de saisir un tribunal arbitral international – ces structures opaques chargées, notamment dans le cadre de traités d’investissement, de défendre les intérêts des multinationales face aux États...Depuis la privatisation de 1997, l’entreprise française Veolia jouissait d’un monopole absolu sur la distribution de l’eau et de l’électricité au Gabon, via sa filiale SEEG (Société d’Énergie et d’Eau du Gabon), détenue à 51%...le 16 février dernier, l’État gabonais rompt la concession qui le liait au groupe privé français, procédant immédiatement à la réquisition de la SEEG. La concession avait pourtant été renouvelée pour cinq ans en mars 2017, mais les négociations ont fini par échouer...Veolia et l’État gabonais se partagent probablement la responsabilité de la dégradation de la situation...Se disant offusqué par la décision du Gabon, le groupe français a dénoncé une « grave violation des règles de droit », et se dit « victime d’une expropriation brutale de la part de l’État gabonais ». Le 8 mars dernier, Veolia, via sa filiale la SEEG, a déposé une demande de recours auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), officine de la Banque mondiale...D’après Mays Mouissi, analyste économique gabonais, le mécontentement de la population est justifié : « Des quartiers entiers de Libreville et de sa proche banlieue peuvent être privés d’eau pendant deux semaines sans que ne soit enregistrée une baisse du montant à payer sur la facture. Veolia fait payer aux usagers des poteaux électriques à plusieurs millions FCFA quand ces derniers veulent se raccorder à son réseau puis s’en attribue unilatéralement la propriété, il faut parfois attendre plus de 6 mois entre la demande d’un compteur (d’eau ou d’électricité) et la pose ». L’activiste et environnementaliste gabonais Marc Ona Essangui cite notamment la gigantesque coupure d’électricité qui a plongé Libreville dans le noir juste au moment du réveillon de la saint Sylvestre, le 31 décembre dernier. Il estime que le groupe français Veolia et sa filiale soumettent les gabonais à un esclavagisme déguisé. « Nous devons nationaliser la SEEG, mettre les moyens, mettre les Gabonais à la tête de la SEEG. On est quand même en 2018 ! », s’exclame un Gabonais au moment de la nomination d’un nouveau directoire provisoire de la SEEG...Activiste de l’association Survie et du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (Cadtm), Régis Essono lutte pour un audit citoyen de la dette publique du Gabon. Il fait part de sa préoccupation :« Les populations gabonaises risquent d’être les grands perdantes de ce combat. Déjà, elles constatent que le service est toujours aussi catastrophique malgré le départ de Veolia. Surtout, au vu des éléments dont nous disposons pour le moment, je ne vois pas comment Veolia pourrait perdre le combat juridique et ne pas obtenir un très lourd dédommagement, qui privera encore plus les populations gabonaises de ressources dont elles sont déjà très largement spoliées et privées par leurs dirigeants. »

Tout lire