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Article

24 Jui 2020

Auteur:
Marie-Noëlle Bertrand, l'Humanité

L'ONU rend publique la « lettre d'allégations » impliquant Total en Ouganda - Entretien avec le rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme

En octobre, plusieurs ONG alertaient l'ONU sur les cas de pressions et de harcèlement exercés par une filiale de Total en Ouganda. Quatre rapporteurs spéciaux se sont saisis de l'affaire, dont la lettre d'allégation adressée à la multinationale vient d'être rendue publique. Michel Forst, rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, est l'un des signataires...

Qu'est-ce qui vous a conduit à adresser cette lettre aux autorités françaises et ougandaises ainsi qu'à Total ?

Michel Forst....Classiquement, nous rédigeons quatre lettres : l’une adressée au pays auquel appartient l’entreprise, une autre au pays où est installée sa filiale, une troisième à ladite filiale et, enfin, une au siège de la société mère. Il s’agit de lettres d’allégation : nous n’accusons pas, mais rapportons, au conditionnel, les accusations portées contre la ou les entreprises par des communautés ou des organisations. Les États et les sociétés ont soixante jours pour répondre...

L'échéance est passée. L'ont-ils fait ?

Michel Forst. Total et sa filiale, oui, nous avons reçu leur courrier le 18 mai. Les deux États, pas encore...

Sur quoi portent les allégations formulées contre Total et sa filiale, et quelle est la teneur de leurs réponses ?

Michel Forst. Il y en a deux. D'abord, Total et Total E&P Ouganda sont accusées par les ONG de ne pas avoir pris en compte l'impact humain et environnemental dans le cadre du projet pétrolier de Tilenga...Ils dénoncent, par ailleurs, le harcèlement dont ont été victimes deux témoins après s'être rendus en France à l'occasion d'un procès engagé en 2019. Tous deux représentant des communautés ougandaises, ils auraient été harcelés, intimidés et même arrêté pour l'un d'entre eux une fois de retour au pays...La maison mère avance, toutefois, que sa filiale Total E&P Ouganda étant néerlandaise, elle n’est pas soumise à la loi française sur le devoir de vigilance...

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