Madagascar: Malentendu entre Base Toliara et les communautés locales qui rejettent les projets miniers de l'entreprise

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19 March 2019

Madagascar: la société civile opposée à un projet australien d’extraction minière

Auteur: RFI

A Madagascar, le projet d’extraction minière d’une multinationale australienne continue de susciter les mécontentements. L’entreprise Base Toliara a commencé ses travaux pour exploiter de l’ilménite dans le sud-ouest du pays. Le ministre des Mines...[annonce] la suspension temporaire d’une partie des recherches sous-marines de cette entreprise, espérant calmer les esprits. Mais la société civile est loin d’être satisfaite. « Un arrêt définitif », c’est ce que réclament deux organisations malgaches de défense des terres et de l’environnement...La décision du gouvernement ne va pas assez loin puisque l’entreprise Base Toliara peut poursuivre ses autres activités, notamment des travaux pour entamer la phase d’exploitation d’ilménite, fait remarquer Zo Randriamaro, la coordinatrice du Centre de recherche et d'appui pour les alternatives de développement - océan Indien (CRAAD - OI), une des associations qui soutient la population locale impactée par ce projet : « Nous avons tenu à sortir ce communiqué pour rappeler au président de la République qu’il ne faut pas qu’il déçoive les espoirs de la population, qui s’attend vraiment à ce que ce projet minier soit complètement arrêté. D’autant plus qu’ils ont reçu leur permis minier pendant la période de la transition. Ce qui n’était pas légal parce que le régime de la Transition ne pouvait, normalement pas, accorder de permis minier. Le président de la République a l’opportunité de réparer cette erreur du passé en arrêtant définitivement ce projet minier. » Les permis miniers ont donc été délivrés lorsque l’actuel chef de l’Etat, Andry Rajoelina était à la tête de la Haute Autorité de transition. Impacts néfastes sur la santé et l'environnement Cinq communes de la région de Tuléar sont touchées par ce projet qui s’étend sur 2 500 hectares. La population, composée en majorité d’agriculteurs, d’éleveurs et de pêcheurs, dénonce les impacts néfastes de l’extraction d’ilménite sur la santé et l’environnement et donc, sur leurs moyens de subsistance. « Depuis l’année dernière, la région est très touchée par le changement climatique. Donc si ce projet minier démarre et commence à défricher le peu de couverture végétale et d’arbres qui restent, à pomper l’eau - car ils ont besoin d’eau pour leurs opérations - cela va avoir des impacts très graves sur les moyens de subsistance et les conditions de vie de la population », précise Zo Randriamaro

 

 

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18 March 2019

« Droit de réponse du CRAAD-OI à l’article de Midi-Madagasikara du 06 mars 2019 intitulé Projet d’exploitation d’ilménite : « Base Toliara » apporte des précisions

Auteur: Zo Randriamaro, Coordinatrice du CRAAD-OI (Madagascar)

En réponse aux accusations portées à son encontre dans l’article susmentionné, le CRAAD-OI tient également à  apporter les précisions suivantes :

En réalité, c’est Base Toliara qui donne des informations incorrectes aux communautés concernées et au grand public en parlant uniquement de sa concession minière de Ranobe qui est entrée en phase d’exploitation. Selon nos sources d’information qui comprennent les rapports publiés par les promoteurs de ce projet minier eux-mêmes, en plus de la concession minière de Ranobe, ces derniers ont obtenu depuis plusieurs années trois (3) autres concessions minières qui sont en phase d’exploration, notamment ceux d’Ankililoaka (8.786  ha), Basibasy (8.130 ha) et Morombe (20.637 ha). Il convient de noter que ces trois concessions touchent plusieurs sites environnementaux sensibles et protégés, y compris la Forêt des Mikea où vit le groupe autochtone Mikea.

En insistant sur le fait que « la superficie sur laquelle la compagnie va mener un projet d’exploitation d’ilménite dans la région AtsimoAndrefana, est étalée sur 2.500 ha », les promoteurs du projet Base Toliara omettent délibérément de parler de l’existence de ces trois autres concessions minières dont l’exploitation aurait des impacts potentiels encore plus préoccupants que celle de la concession de Ranobe sur les communautés concernées et l’environnement. Si cette omission délibérée veut dire qu’ils ont renoncé à exploiter les concessions d’Ankililoaka, Basibasy et Morombe, il faudrait qu’ils le déclarent explicitement afin d’assurer la transparence au sujet de leur projet et de calmer les inquiétudes des communautés concernées.

En ce qui concerne le processus foncier en cours et la déclaration de Base Toliara selon laquelle « Il s’agit de l’acaht du terrain pour lequel les propriétaires sont pleinement indemnisés. Les communautés locales ne seront pas ainsi dépourvues de leurs terres », nous tenons à souligner que c’est une très grave erreur de parler d’achat, car cela implique justement que Base Tolaira va devenir un propriétaire des terrains concernés, ce qui n’est pas du tout conforme au Code minier (article 126) qui dispose qu’il s’agit d’un contrat de bailavec les propriétaires du sol pendant la durée de validité du permis minier du titulaire.

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18 March 2019

Projet d’ilménite à Toliara : « Le dernier mot appartient au Président », Dixit le ministre des Mines, Fidiniavo Ravokatra

Auteur: Navalona R. et Charles Raza, Midi Madagasikara (Madagascar)

Les avis divergent au niveau de ces zones d’intervention de Base Toliara. Des représentants de la population ont manifesté leur inquiétude concernant les éventuels impacts de ce projet d’exploitation d’ilménite sur leur santé, sur le côté socio-culturel et bien évidemment sur l’environnement, y compris les activités agricoles et de la pêche. De l’autre côté, des représentants des communautés locales ont soutenu le projet de Base Toliara en défendant à tout prix que ce sera l’avenir des jeunes tuléarois grâce à la création d’emplois. En outre, toute la population et des collectivités territoriales décentralisées en bénéficieront avec la réalisation de nombreux investissements sociaux, et l’augmentation de recettes de ces dernières. Quant aux communautés de pêcheurs Vezo à Andaboy, les « zanadriake » contestent la construction d’une jetée sur ce lieu qui, selon eux, nuirait à leurs principales activités, c’est-à-dire la pêche et le tourisme local. Par contre, le ministre de tutelle a réitéré...qu’il ne prend aucun parti. « Nous avons pris la responsabilité d’écouter toutes les deux parties en constatant de visu les réalités sur le terrain, et ce, sur ordre du Président de la République et du Premier ministre. Nous n’allons prendre aucune décision. Mais nous leur établirons un compte-rendu. Le dernier mot appartient ainsi au président Andry Rajoelina. Et l’Etat primera bien sûr l’intérêt général de la population », a-t-il déclaré...[Le ministre]...a ensuite visité le site de Base Toliara à Ranobe et s’est entretenu avec les dirigeants de la compagnie...[qui] ont démontré qu’ils ont bien respecté les cahiers de charge.

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6 March 2019

Projet d’exploitation d’ilménite : « Base Toliara » apporte des précisions

Auteur: Navalona R., Midi Madagasikara (Madagascar)

La compagnie minière « Base Toliara » apporte des précisions sur des informations incorrectes qui ont été communiquées par l’association CRAAD lors d’une conférence de presse la semaine dernière au CLT Tsiadana. En fait, la superficie sur laquelle la compagnie va mener un projet d’exploitation d’ilménite dans la région Atsimo Andrefana, est étalée sur 2 500 ha et non pas sur 407km², a-t-on précisé. En outre, le processus foncier en cours est conforme aux règlements qui établissent un comité de rémunération appelé Comité administratif d’évaluation (CAE) dans lequel siège toutes les parties prenantes affectées par le projet. Son rôle est de confirmer la propriété des terrains et des biens et de superviser le processus de paiement. Il s’agit de l’achat du terrain pour lequel les propriétaires sont pleinement indemnisés. Les communautés locales ne seront pas ainsi dépourvues de leurs terres. Par ailleurs, « Base Toliara » contribue déjà à la replantation de la forêt de « Mikea » en collaboration avec le ministère de l’Environnement, et non pas à sa destruction. Et son projet en touche en aucun cas l’aire protégée PK32. Et parlant de la mise en place prochaine d’une jetée sur la plage d’Andaboly, c’est au contraire conçu pour ne pas perturber l’activité des pêcheurs. La grande majorité de la surface de la plage ne sera pas affectée par le projet, a-t-on souligné.

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