Niger: La société civile voit un lien entre la présence militaire française et l'exploitation de l'uranium par Areva

Auteur: Euractiv.fr (France), Publié le: 26 December 2017

"L’aide française contre l’immigration divise au Niger", 21 décembre 2017

Le gouvernement du Niger, sur la même longueur d’ondes que la France et l’Europe sur la lutte antijihadiste et l’immigration, doit composer avec une opinion publique parfois hostile sur ces sujets sensibles. Le président Emmanuel Macron devra se montrer convaincant pour séduire les 20 millions d’habitants de cette ancienne colonie française, qui fait partie des pays plus pauvres du monde, malgré des ressources minières importantes, dont l’uranium. « La France obtient tout ce qu’elle veut et qu’est-ce que le Niger gagne? Les rapports sont toujours à l’avantage de la France. Elle est bien installée militairement et siphonne son uranium », estime le professeur Yahaya Issoufou, historien et politologue à l’université de Niamey qui accuse la France d’un « néo-colonialisme très fort ». « C’est toujours la déception du fait qu’on continue à être exploités par Areva. Areva est le numéro 1 mondial du nucléaire et le Niger est dernier mondial en terme de pauvreté », accuse Ali Idrissa, figure de la société civile, alors que de nombreux Nigériens semblent voir un lien caché entre l’armée française et l’uranium. C’est « un mythe » qui alimente les « fantasmes » en raison de « l’énergie nucléaire et l’arme atomique », rétorque le ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum. « Dans la réalité, le cours a chuté et on n’exploite pas l’uranium autant qu’on le voudrait », précise-t-il, niant tout lien entre uranium et armée étrangère...Là où la France et l’Europe semblent voir des évidences, la perception de la lutte antijihadiste n’est pas aussi claire au sein de l’opinion. La présence militaire française et américaine est vécue comme une perte de souveraineté, voire comme la cause des attaques récurrentes. « Pour moi, il n’y a pas de doute que l’installation des bases militaires étrangères est l’aliénation de la souveraineté de notre pays. Nos militaires sont vaillants et aguerris, il faut juste les doter des moyens adéquats pour en découdre avec les terroristes », estime Moussa Siddo, mécanicien à Niamey. « Ces pays nous aident. Nous avons des moyens limités. Ce n’est qu’une petite partie de la population qui ne comprend pas cela », assure le ministre de l’Intérieur, qui souligne que la présence des soldats étrangers est « discrète ».

 

Tout lire

Entreprises concernées: Orano (formerly Areva)