Niger: Des dirigeants de la société civile arrêtés lors d'une manifestation contre la loi de finances jugée antisociale et très favorable aux entreprises de télécommunications

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9 September 2018

Niger: la société civile redescend dans la rue contre la loi de finances

Auteur: RFI

Au Niger, la société civile est redescendue dans les rues du pays, ce dimanche 9 septembre, pour fustiger la loi de finances 2018 alors que celle de 2019 pointe à l’horizon. A Niamey, la marche citoyenne et le meeting se sont déroulés sous haute surveillance policière. C’est la première manifestation de la société civile après la sortie de prison de leurs leaders, et une tournée de sensibilisation dans les huit régions du pays. Des milliers de sympathisants ont battu le pavé jusqu’à la grande place de l’Assemblée nationale. « C’est le défi que nous avions relevé parce que vous savez que nous avons fait quatre mois de prison. Vous avez vu comment il y a eu une telle mobilisation. La satisfaction, c’est de constater que c’est dans l’ensemble du pays que nos camarades sont massivement sortis », a déclaré Ali Idrissa, un des trois leaders. De nombreux travailleurs étaient au rendez-vous de cette marche citoyenne. « Ce pays est en train d’être pillé et nous avons le devoir de faire en sorte que le peuple s’unisse et s’élève contre la mal gouvernance », explique un syndicaliste. La société civile a également bénéficié d’un soutien de taille, celui du parti MPN de l‘ancien ministres des Affaires étrangères, Ibrahim Yacoubou. « Nous estimons que le combat porté par la société civile est un combat juste et c’est pour cela que le Front patriotique s’est mobilisé pour être aujourd’hui présent. Nous, Front patriotique nigérien, serons de toutes les luttes démocratiques et sociales justes », a-t-il tenu à souligner. La nouvelle loi de finances 2019 est attendue de pied ferme par les manifestants.

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17 August 2018

Au Niger, grandes manifestations contre la loi de finances

Auteur: Sylvain Vidzraku, La Tribune Afrique

Pas de répit pour le gouvernement nigérien. Les organisations de la société civile (OSC) tiennent à maintenir la pression afin d'obtenir satisfaction pour leurs revendications. Ce jeudi à Niamey, le Cadre de concertation et d'actions citoyennes (CCAC) regroupant les OSC du pays a annoncé la reprise le 9 septembre 2018 des manifestations de rue contre la loi de finances 2018. Les OSC nigériennes qui ne cessent d'insister sur le caractère non partisan, mais exclusivement citoyen des requêtes demandent au gouvernement d'abroger les mesures «antisociales» contenues dans la loi de finances 2018. Le CCAC demande notamment l'annulation des cadeaux fiscaux octroyés aux compagnies minières, aux opérateurs télécoms et aux marketeurs des hydrocarbures, la réduction du train de vie de l'Etat et l'allocation de ressources financières conséquentes aux secteurs sociaux de base (éducation, santé, agriculture, élevage, etc.)...L'annonce de la reprise des manifestations a été faite en présence des trois grandes figures de la contestation, Noufou Arzika, Moussa Tchangari et Ali Idrissa, relâchées le 24 juillet dernier seulement, après avoir été arrêtés fin mars dernier dans le cadre des manifestations. Présentés au juge du tribunal de grande instance hors classe de Niamey avec pour chef d'accusation «provocation d'attroupement non armé et interdit», ils ont été condamnés non pas aux trois ans d'emprisonnement ferme requis par le procureur de la République à leur encontre, mais plutôt à trois mois de prison, avec sursis. Leurs avocats avaient démontré que la manifestation n'était pas interdite aux yeux de la loi, d'autant plus que l'Etat qui disposait de 72 heures réglementaires pour notifier l'interdiction de manifester n'a pas respecté les délais imposés par la loi en vigueur.

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1 August 2018

Niger : Message de l'acteur de la Société Civile Ali Idrissa

Auteur: Ali Idrissa, Défenseur des droits humains, Nigerdiaspora (Niger)

Mesdames, Messieurs, chers amis, chers compatriotes. Face à l’injustice et pour le combat que nous menons depuis de longue date, vous avez été nombreux, au Niger comme à l’extérieur, à nous avoir témoigné votre inestimable soutien. Cette épreuve marquée par quatre mois de détention arbitraire, du seul fait du prince, ne saurait guère freiner l’élan de notre juste et noble lutte pour le droit à la dignité humaine. Ces quatre mois de privation de liberté nous ont convaincus d’être sur la bonne voie pour notre pays, celle d’amener ce régime ignominieux et liberticide à respecter les principes démocratiques, les droits humains et les libertés publiques d’une part et soutenir la bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique d’autre part...Ce combat commencé avec vous, nous le continuerons ensemble, avec vous, afin que chaque Citoyen puisse jouir effectivement des droits sociaux, économiques, culturels et politiques affirmés par la constitution de la République du Niger et les traités internationaux ratifiés par notre pays...

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29 July 2018

Libération des leaders de la société civile : Vont-ils poursuivre la lutte ou faire comme Seïni Oumarou et le Mnsd ?

Auteur: Amadou Madougou, Nigerdiaspora (Niger)

Le verdict du procès des leaders de la société civile nigérienne est finalement tombé, ce mardi 24 juillet 2018. Trois mois avec sursis ont été requis contre Nouhou Arzika, Ali Idrissa, Moussa Tchangari et certains de leurs collègues...Aujourd’hui libres, Nouhou Arzika, Ali Idrissa, Moussa Tchangari, pour ne citer que ceux-là, sont face à leur destin. Un destin forcément lié par une lutte citoyenne qu’ils ont engagée au nom de leurs convictions et de l’idéal de gouvernance qu’ils nourrissent pour le peuple nigérien...La lutte qu’ils ont engagée contre la loi des finances 2018, véritable serpent de mer qui est en train d’asphyxier les foyers nigériens, a été assurément perçue par le régime comme étant le point de départ de sa fin. Il fallait mettre un terme à cette rencontre entre les leaders de la société civile et son peuple. Et leur arrestation, le 25 mars 2018, a été, au grand bonheur du régime, synonyme d’une lutte perdue par le peuple qui se bat pour un mieux-être et un minimum de sensibilité de la part du gouvernement...Nouhou Arzika, Ali Idrissa, Moussa Tchangari et les autres qui sont libérés ce 24 juillet 2018 vont-ils continuer la lutte entamée ou abandonner ?...S’ils poursuivent la lutte, plus que jamais déterminés à aller au bout de leurs convictions, les leaders de la société civile nigérienne ne font pas qu’entrer définitivement dans l’histoire, ils prouvent que malgré la pourriture ambiante, il y a de belles raisons de croire au Niger. Ils donneront à une jeunesse désabusée et perdue, d’autres repères faits de valeurs morales et citoyennes, en lieu et place de ces trafics de drogue, d’armes, de détournements de deniers et biens publics impunis, etc. S’ils flanchent et abandonnent, ils sauveront leurs libertés individuelles et peuvent même, cerise sur le gâteau, monnayer leurs services à un régime qui ne rêve que de ça. Dans les jours à venir, en attendant qu’ils respirent à pleins poumons les effluves de la liberté retrouvée, Ali Idrissa,Nouhou Arzika et Moussa Tchangari s’adresseront sans doute aux Nigériens...

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25 July 2018

Niger : trois mois de prison avec sursis pour les activistes anti-loi de finances

Auteur: Jeune Afrique

La justice nigérienne a condamné mardi à trois mois de prison avec sursis quatre figures majeures de la société civile détenues depuis mars, avec une vingtaine d'autres personnes, suite à une manifestation contre la loi de finances 2018...« Les principaux acteurs de la société civile, Ali Idrissa, Moussa Tchangari, Nouhou Arzika et Me Abourahamane Lirwana, sont condamnés à trois mois de prison assortis de sursis », a déclaré à la presse un de leurs avocats, Me Boudal Effred Mouloul. Le ministère public avait requis trois ans de prison ferme contre eux...Après avoir déjà passé trois mois en prison, « ils vont tous sortir libres aujourd’hui et regagneront leur famille », a assuré Me Effred Mouloul. Cependant, selon une source judiciaire, Me Abourahamane Lirwana devra rester en prison : il a été condamné lundi à deux ans de prison dont un avec sursis pour « outrage à magistrat » lors du procès. L’avocat a regretté que d’autres prévenus jugés avec les activistes aient été « condamnés à un an dont six mois assortis de sursis ». Deux autres sont relaxés « pour insuffisance de preuves », ont affirmé leurs proches...Au total 24 personnes ont comparu le 11 juillet pour « organisation et participation à une marche interdite » et « complicité de dégradations de biens publics et privés ». Toutes avaient été arrêtées le 25 mars après des heurts à Niamey entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui voulaient braver l’interdiction par les autorités d’une manifestation contre la loi de finances 2018 qu’ils jugent « antisociale ». Pour Amnesty international, les autorités nigériennes doivent « mettre fin à la répression » et « libérer immédiatement les autres défenseurs des droits humains emprisonnés depuis près de quatre mois ».

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Auteur: Amnesty International

Commenting on the news that five Nigerien activists detained on trumped-up charges are set to be released after they were given a three-month suspended prison sentence, Samira Daoud, Amnesty International’s West and Central Africa Deputy Regional Director said: "It is encouraging that Ali Idrissa Nani, Nouhou Arzika, Moussa Tchangari, Ousseini Maina and Mamoudou Seyni will be released and finally reunited with their loved ones, but they should have never been arrested in the first place." The charges against them are politically motivated. “This verdict must be the catalyst for the Niger authorities to end continuing human rights violations in the country, including repression of dissenting voices, banning peaceful demonstrations and arbitrarily arresting activists...“The authorities should start by immediately and unconditionally releasing other human rights defenders including Ibrahim Diori, Sadat Illiya, Dan Malam, Yahaya Badamassi, Maikoul Zodi and Karim Tanko who are still awaiting trial on trumped-up charges after nearly four months in detention.’’...A court in Niger’s capital Niamey today delivered its verdict in the trial of a group of activists charged with “organizing and participating in a banned demonstration”, “instigating violence and assault” and “destruction of property", handing them three-month suspended sentences. The court found Ali Idrissa Nani, Nouhou Arzika, Moussa Tchangari, Ousseini Maina, Mamoudou Seyni and several protesters guilty over their involvement in a banned demonstration that went ahead in Niamey on 25 March 2018. A new case was brought against detained lawyer and human right defender Lirwana Abdourahamane on 12 July following a complaint by the chief investigating judge for “contempt of court by speaking” during an earlier hearing. Yesterday a court found Lirwana Abdourahamane guilty and sentenced him to one year in prison.

 

 

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10 July 2018

Niger : des activistes à la barre

Author: Nafissa Amadou, Deutsche Welle (Allemagne)

’est aujourd’hui que débute le procès des activistes Moussa Tchangari, Ali Idrissa, Nouhou Arzika et Lirwana Abdourahmane arrêtés au mois de mars pour avoir dénoncé la loi de finance qu'ils jugent anti-sociale. Ces actvistes ainsi que 19 autres personnes, ont été inculpées pour "organisation et participation à une manifestation interdite", "complicité de violences", "agression" et "destruction de biens". Malgré l’appel à leur libération lancé par plusieurs ONG et un collectif d’avocats nigériens qui dénoncent une détention arbitraire, ces activistes sont toujours emprisonnés. Pour l’historien et politologue Yahaya Issoufou, maître de conférences à l'université Abdou-Moumouni de Niamey, il s’agit d’un acharnement des autorités au vu du rôle qu’ont joué ces acteurs dans l’avènement de la démocratie nigérienne lors de la Conférence nationale de 1989.
 

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7 July 2018

Niger: 19 membres de la société civile devant la justice

Auteur: RFI

A Niamey, le procès de membres de la société civile s’est tenu sous très haute surveillance policière avec des entrées filtrées. Accusés d’avoir provoqué un attroupement non armé et la destruction de biens publics et privés, les 19 prévenus n’ont pas reconnu les faits. Le procureur a requis trois ans de prison ferme pour les principaux responsables de la manifestation interdite par la ville de Niamey. Le tribunal rendra sa décision le 24 juillet. C’est un procès marathon qui a duré 15 heures au Tribunal de grande instance hors classe de Niamey. Les 15 avocats de la défense ont d’entrée de jeu soulevé des exceptions. « Vous avez vu la kyrielle d’exceptions que nous avons soulevée. Je ne vois pas par quels moyens on pourrait écarter ces exceptions, explique le bâtonnier Daouda Samna. D’autant plus que le procureur lui-même a reconnu qu’il y a des irrégularités dans l’ordonnance du renvoi. » Du début à la fin du procès, les débats ont été houleux, les trois principaux responsables de la société civile se sont battus pour prouver leur innocence et leur droit à s’exprimer, selon Maître Ephede Bouled. « Notre serment depuis ce matin...est de faire un débat de droit et je pense que nous avons offert au tribunal les éléments de droit qui lui permettent de dire une décision qui honore la justice », a-t-il déclaré. En se constituant partie civile, Maître Boulama Rouna estime lui que les préjudices causés à la ville de Niamey méritent réparation. « Je ne veux pas présager de la décision qui sera rendue, ils sont sous le coup de la loi, ils l’ont reconnu, nous avons apporté les preuves. Et j’ai apporté la preuve des préjudices que la mairie a subis, affirme l’avocat. Maintenant, c’est au tribunal d’en décider. » Plusieurs sympathisants de la société civile sont restés tard dans la nuit au tribunal pour soutenir leurs leaders.

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3 July 2018

Niger. Les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement dont le procès débute aujourd’hui doivent être libérés immédiatement et sans condition

Auteur: Amnesty International

L'ouverture aujourd’hui du procès de quatre défenseurs des droits humains au Niger est l’occasion pour les autorités de démontrer leur volonté de respecter leurs obligations en matière de droits humains en mettant un terme aux poursuites engagées, a déclaré Amnesty International. Moussa Tchangari, Ali Idrissa, Nouhou Arzika et Lirwana Abdourahmane, quatre défenseurs des droits humains, font partie d’un groupe de personnes arrêtées et placées en détention le 25 mars par les forces de sécurité. Ils ont été inculpés deux jours plus tard pour « organisation et participation à une manifestation interdite », « complicité de violences », « agression » et « destruction de biens » en raison de l’organisation d’une manifestation pacifique à laquelle ils n’avaient pas participé...« Ces défenseurs ont déjà passé trois mois derrière les barreaux, dans des prisons situées à une distance de 60 à 180 kilomètres de leurs familles et de leurs proches, et sur la base d’accusations taillées de toutes pièces. Ils sont détenus uniquement en raison de leur travail pacifique en faveur des droits humains, » a déclaré Kiné Fatim Diop, chargée de campagne sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. « A l’occasion de l’ouverture de leur procès, Amnesty International réaffirme son appel à leur libération immédiate et sans condition, de même que celle de tous les manifestants détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté de réunion et d’expression.» Même si leurs organisations respectives avaient planifié et organisé la manifestation du 25 mars demandant l’abrogation de la loi de finances 2018, les quatre défenseurs des droits humains n’y avaient pas pris part. Ils seront néanmoins arrêtés par les forces de sécurité. La manifestation avait été interdite par le président de la délégation spéciale de la capitale Niamey le 23 mars pour « des raisons évidentes de sécurité » et « au regard du contexte sécuritaire actuel au Niger et dans la sous-région d’une part, et d’autre part des récentes attaques terroristes »...Dix-neuf manifestants ont été arrêtés et inculpés...Moussa Tchangari est le secrétaire général de l’organisation de défense des droits humains Alternative Espaces Citoyens (AEC) qui travaille sur les droits économiques et sociaux et la lutte contre l’impunité. Ali Idrissa est le coordonnateur du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB). Nouhou Arzika est le président du Mouvement pour la promotion de la citoyenneté responsable (MPCR). Lirwana Abdourahamane est un avocat et militant des droits humains...« Les autorités du Niger doivent s’assurer que les défenseurs des droits humains puissent mener leurs activités légitimes en faveur des droits humains sans restrictions ni craintes de représailles,» a déclaré Kiné Fatim Diop.

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6 June 2018

Niger : pourquoi les acteurs de la société civile sont-ils maintenus en détention ?

Auteur: Eric Topona, Deutsche Welle (Allemagne)

Le gouvernement nigerien est accusé de violations de droit constitutionnels par une trentaine d’ONG. Mais pour le ministre nigérien de la Défense, la détention des figures de la société civile est justifiée. Ils sont en détention préventive dans plusieurs prisons du pays, dans l’attente de leur procès. Détenus depuis mi-mars, ces acteurs sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation : organisation et participation à une manifestation interdite et complicité de destruction de biens publics et privés. Malgré les dénonciations d'une trentaine d'ONG, les acteurs de la société civile nigérienne sont toujours en prison. Mais pour le ministre de la défense Kalla Moutari, le Niger n'a pas de leçon à recevoir de la part de ces ONG.

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