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Résumé du procès Shell (Nigeria - Kiobel & Wiwa)

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Para la versión en español de este perfil de las demandas judiciales contra Shell por actividades en Nigeria, haga clic acá.

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  1. Procédure aux Etats-Unis
  2. Procédure aux Pays-Bas

Kiobel contre Shell

Nigerian Soldier, By SSGT Paul R. Caron, USAF [Public domain], via Wikimedia_CommonsProcédure aux Etats-Unis

En 2002, Royal Dutch/Shell a été poursuivie devant un tribunal fédéral américain par Esther Kiobel, l'épouse du Dr Barinem Kiobel, un militant Ogoni, membre du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP), et onze autres Nigérians de la région de l'Ogoni. Le MOSOP a mené une campagne contre la catastrophe environnementale causée par l’extraction pétrolière dans la région de l’Ogoni au Nigeria, et pour davantage d’autonomie pour le groupe ethnique Ogoni. Barinem Kiobel et d’autres membres du MOSOP ont été arbitrairement détenus en 1994, placés au secret sous garde militaire avant d’être jugés par un tribunal spécial établi par le gouvernement militaire selon des procédures allant à l’encontre des normes internationales d’équité des procès. Ils furent jugés coupables de meurtre puis exécutés. L'action en justice repose sur l'allégation selon laquelle Shell, à travers sa filiale nigériane Shell Petroleum Development Company (SPDC), aurait assisté l’armée nigériane en lui fournissant des moyens de transport, en lui permettant d’utiliser les propriétés de la société comme aire de transit, en approvisionnant les militaires en nourriture et en leur versant des allocations. Les plaignants accusaient les sociétés défenderesses d’avoir été complices d’actes de torture, d’exécutions extrajudiciaires et d’autres violations en vertu de l’Alien Tort Claims Act (ATCA), la loi sur les délits civils contre les étrangers.

En mars 2008, la cour fédérale a opposé aux défendeurs une fin de non-recevoir pour défaut de compétence personnelle. Le 16 novembre 2009, les plaignants ont déposé une requête demandant le réexamen de la question de la compétence. Selon la cour, une relation commerciale directe devait être établie entre les Etats-Unis et la SPDC pour que l’ATCA s’applique. Le 21 juin 2010, la cour fédérale a conclu que les plaignants n’avaient pas démontré l’existence de cette relation commerciale directe, et le juge a rejeté l’action en justice contre la SPDC. Les plaignants ont interjeté appel. Le 17 septembre 2010, la cour d’appel, dans une décision radicale concernant les procès basés sur l’ATCA contre des entreprises multinationales, a émis une opinion majoritaire confirmant le rejet par le tribunal inférieur de l’action en justice, et a également déclaré que l’ATCA ne pouvait pas être utilisé pour poursuivre des multinationales pour des violations du droit international. Le troisième juge de la cour d’appel a émis une opinion individuelle qui n’était d’accord avec la majorité qu’à propos du jugement. Ce juge a vigoureusement désapprouvé le raisonnement de la majorité; il a en effet écrit que l’opinion de la majorité a porté un « rude coup au droit international qui a pour but de protéger les droits humains fondamentaux. » Le 14 octobre 2010, les plaignants ont déposé une requête pour une nouvelle audience et une audience en banc devant la cour. Le 4 février 2011, la cour d’appel a rejeté cette demande. Les plaignants ont introduit un pourvoi devant la Cour suprême en juin 2011, lui demandant d'entendre un appel du jugement du tribunal inférieur. Le 17 octobre 2011, la Cour suprême a annoncé qu’elle allait entendre l’affaire et les audiences ont eu lieu le 28 février 2012. Le 5 mars, la Cour suprême reporta son examen de l'affaire et demanda aux parties de soumettre des arguments supplémentaires en vue de déterminer si l’Alien Tort Claims Act peut s'appliquer à des événements survenus en dehors des Etats-Unis. La cour a réentendu l’affaire le 1er octobre 2012.  Le 17 avril 2013, la Cour suprême a rendu sa décision; elle a conclu que l’ATCA ne s’applique pas hors du territoire des Etats-Unis.  La Cour suprême a donc affirmé le rejet de l’action en justice. Une page spéciale contenant tous les documents (en anglais) relatifs à l’examen par la Cour suprême des Etats-Unis de cette affaire est accessible ici.

- "Companies Shielded as U.S. Court Cuts Human-Rights Suits", Greg Stohr, Bloomberg, 17 Apr 2013
- "Views on Kiobel v. Shell", Salil Tripathi, Institute for Human Rights and Business, 9 Oct 2012
- "Alien torts in America's courts", Editorial, Los Angeles Times, 8 Oct 2012
- "Shell, Corporate Responsibility and Respect for the Law", Amol Mehra & Katie Shay, International Corporate Accountability Roundtable, 3 Oct 2012
- "Argument recap: In search of an [Alien Tort Statute] compromise", Lyle Denniston, SCOTUSblog, 1 Oct 2012
- "Supreme Court may narrow law in human rights cases", Jonathan Stempel, Reuters, 1 Oct 2012
- "The U.S. Supreme Court must preserve the Alien Tort Statute for international corporate human rights cases", Marco Simons, EarthRights International, 13 Jun 2012
- "Torture Suits Against Companies Including Shell Draw U.S. High Court Review", Greg Stohr, Bloomberg, 17 Oct 2011
- "US court upholds key Shell ruling in Nigeria case", Jonathan Stempel, Reuters, 4 Feb 2011
- "2nd Circuit Rejects Corporate Liability in Alien Tort Cases", Mark Hamblett, New York Law Journal, 20 Sep 2010
- “Nigeria Torture Case Decision Exempts Companies From U.S. Alien Tort Law”, Bob Van Voris & Patricia Hurtado, Bloomberg, 17 Sep 2010
- “Judge Kimba Wood Dismisses Defendant from Aliant Tort Statute Class Action for Lack of Personal Jurisdiction”, Russell Jackson, Jackson on Consumer Class Actions & Mass Torts, 25 Jun 2010

Esther Kiobel, et al. v. Royal Dutch Petroleum Company et al.
- [PDF] Opinion of US Supreme Court, 17 Apr 2013
- Petitioners/plaintiffs (Kiobel) - Supplemental Reply Brief, 31 Aug 2012
- Respondents/defendants (Shell) - Supplemental Brief, 1 Aug 2012
- [PDF] Supplemental brief for petitioners/plaintiffs (Kiobel), 6 Jun 2012
- [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Petroleum - Brief for Respondents, 27 Jan 2012
- [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Petroleum - Brief for Petitioners, 14 Dec 2011
- [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Petroleum - Petition for Writ of Certiorari, 6 Jun 2011
- US Court of Appeals for the Second Circuit: [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Petroleum, et al., 4 Feb 2011 [order denying plaintiffs' petition for rehearing]
- [PDF] Petition for rehearing and rehearing en banc for Plaintiffs-Appellants-Cross-Appellees, 14 Oct 2010
- US Court of Appeals for the Second Circuit: [PDF] Order affirming District Court’s dismissal of lawsuit, 17 Sep 2010
- US District Court for the Southern District of New York: [PDF] Opinion and Order [regarding 2008 motion to dismiss], 21 Jun 2010
- Opinion and Order re Plainitffs' motion for reconsideration, 16 Nov 2009
Opinion and Order, 25 Jun 2009

- [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Shell Petroleum Co., et al. - Brief for the United States as amicus curiae supporting petitioners, 21 Dec 2011
- [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Shell Petroleum Co., et al. - Brief of Former US Senator Arlen Specter, Human Rights First, and the Anti-Defamation League as amici curiae in support of petitioners, 21 Dec 2011
- [PDF] Kiobel, et al. v. Royal Dutch Shell Petroleum Co., et al. - Brief of Earth Rights Intl. as amicus curiae supporting petitioners, 21 Dec 2011

Procédure aux Pays-Bas

En octobre 2016, Esther Kiobel a déposé une demande aux Etats-Unis au titre de l'Assistance Juridique Etrangère pour accéder aux documents détenus par les avocats de Shell, en préparation de l'action en justice qu'elle envisage d'intenter auprès d'un tribunal néerlandais. Le 24 janvier, le cabinet d'avocats qui détient les documents a reçu l'ordre de les remettre. Le 13 février, il a fait appel de la décision au motif que les cabinets d'avocats américains seront submergés de requêtes de ce genre si celle-ci faisait jurisprudence. Une cour d'appel a infirmé la décision. Esther Kiobel a demandé à la Cour Suprême d'analyser le dossier, ce qu'elle a refusé en janvier 2019.

En juin 2017, Ether Kiobel et trois autres veuves ont intenté une action civile aux Pays-Bas contre Shell. Elles accusent l'entreprise d'avoir été complice de l'exécution de leurs maris en 1995.  Ils faisaient parti d'un groupe d'activistes qui contestaient les activités de Shell et l'action du gouvernment sur les effets de la pollution. Shell rejette avoir été impliqué dans leur exécution. Le 1er mai 2019, un tribunal de La Haye s'est dit compétent pour entendre cette affaire et a statué que Shell devrait remettre des documents internes confidentiels aux plaignantes.


Wiwa contre Shell

Ken Wiwa (fils du défunt militant Ogoni Ken Saro-Wiwa qui fut exécuté en même temps que Barinem Kiobel en 1995) et d'autres membres du MOSOP avaient déposé une première plainte en 1996. Wiwa avait intenté une action en justice contre les mêmes sociétés défenderesses que celles citées dans l'affaire Kiobel. Dans ce procès, le gouvernement militaire nigérian et les forces de sécurité étaient accusés d'avoir commis des violations des droits de l'homme, notamment des actes de torture et l'exécution sommaire de membres du MOSOP dans le but de mettre fin à leurs activités et la société Royal Dutch/Shell accusée de s’être rendue complice de ces exactions. Plusieurs décisions préalables au procès ont été rendues en faveur des plaignants, notamment relatives aux recours en annulation déposés par les défendeurs.

Au début du mois de juin 2009, les parties ont annoncé qu'elles avaient conclu un accord pour un règlement à l'amiable portant sur un montant de 15,5 millions de dollars. Le règlement constitue un dédommagement pour les dix plaignants et couvre une partie des frais de justice de ces derniers. Dans le cadre de ce règlement, un fonds dénommé « Kiisi Trust », géré par des fiduciaires indépendants, a été mis en place au bénéfice du peuple Ogoni. Ce fonds est destiné à financer des projets dans la région de l'Ogoni notamment dans le domaine de l'éducation, de l'alphabétisation des adultes, des programmes pour les femmes et un soutien aux petites entreprises.

- “Shell settles human rights suit for $15.5M”, Chris Kahn, Associated Press, 8 Jun 2009
- [video] Shell in court over alleged Nigeria crimes, Al Jazeera English, 3 Jun 2009
- "Shell must defend Nigerian rights suit, judge says", David Glovin, Bloomberg, 23 Apr 2009
- “Shell Faces Human Rights Grilling”, Tim Webb, Independent [UK], 11 Apr 2004
- “Big Oil and an Activist's Death: Family Sues to Probe Role Played by Shell in Nigerian's Execution”, Elizabeth Neuffer, Boston Globe, 03 Jun 2001

- Shell:
 - Shell in Nigeria: Issues
 - Shell settles Wiwa case with humanitarian gesture, 8 Jun 2009

- [PDF] Statement of the Plaintiffs in Wiwa v. Royal Dutch/Shell, Wiwa v. Anderson, and Wiwa v. SPDC, Lucky Doobee, Monday Gbokoo, David Kiobel, Karalolo Kogbara, Blessing Kpuinen, James N-nah, Friday Nuate, Ken Saro-Wiwa, Jr., Michael Vizor, Owens Wiwa, 8 Jun 2009
- [PDF] Statement of Plaintiffs' Attorneys in Wiwa v. Royal Dutch/Shell, Wiwa v. Anderson, and Wiwa v. SPDC, 8 Jun 2009

- EarthRights International (NGO representing plaintiffs): Wiwa v. Royal Dutch Petroleum (Shell) [includes links to court opinions and plaintiffs’ complaints filed in this case]

- Center for Constitutional Rights (NGO representing plaintiffs):
 - Wiwa v. Royal Dutch Petroleum [synopsis]
 - [PDF] On Eve of Trial, Settlement Agreements Provide $15.5 Million for Compensation to Nigerian Human Rights Activists and to Establish Trust Fund, 8 Jun 2009

- The Case Against Shell [joint project of EarthRights International and Center for Constitutional Rights]: Wiwa v. Shell

- US Circuit Court for the Second Circuit:
- [PDF] Wiwa v. Shell, 14 Sep 2000 [reversal of lower court’s dismissal of the case]

- US District Court for the Southern District of New York:
- [PDF] Wiwa v Shell – Settlement Agreement and Mutual Release, 8 Jun 2009
- [PDF] Wiwa v. Shell - Denial of Defendants' Motion to Dismiss, 23 Apr 2009
- [PDF] Wiwa v. Shell – Dismissal of RICO claims against defendants, 18 Mar 2009

 

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Tous les éléments de cette histoire

Article
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Auteur: Amnesty International

"Nigeria/Netherlands: Kiobel witness hearing key chance to hold Shell to account over human rights abuses," 8 Oct 2019

A witness hearing examining Shell's role in the execution of nine men in Nigeria in the 1990s is a key opportunity to hold the oil giant to account over its alleged complicity in human rights abuses, Amnesty International said. 

The Kiobel v. Shell case resumes at The Hague on 8 October and will for the first time hear accounts from individuals who accuse Shell of offering them bribes to give fake testimonies that led to the "Ogoni Nine"... being sentenced to death and executed... 

"For more than twenty years Shell has escaped scrutiny over its role in these tragic events..." said Mark Dummett, Business and Human Rights Researcher at Amnesty International... 

The 'Ogoni Nine' as they were known, were accused of being involved in the murder of four Ogoni chiefs known to be opponents of the Movement for the Survival of the Ogoni People (MOSOP)...

On 1 May, the court ruled in favour of the plaintiffs, that it did have jurisdiction of the case and that this should not be time barred. It also ruled that Shell should hand over some confidential internal documents to the plaintiffs' lawyers...

 

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Article
10 October 2019

Reprise de l'examen aux Pays-Bas de l’affaire dans laquelle 4 veuves accusent Shell de complicité dans l'arrestation et exécution de leurs maris activistes au Nigeria

Auteur: Amnesty International Belgique

« Nigeria/Pays-Bas, audition dans l’affaire Kiobel contre Shell », 8 octobre 2019

L’examen de l’affaire Kiobel c. Shell reprend à La Haye le 8 octobre. Pour la première fois, des personnes témoigneront au sujet de pots-de-vin que Shell leur aurait offerts contre de faux témoignages, sur la base desquels les « neuf Ogonis » - dont le mari d’Esther Kiobel - ont été condamnés à mort et exécutés...

Esther Kiobel et trois autres femmes - Victoria Bera, Blessing Eawo et Charity Levula - accusent Shell d’avoir été complice de l’arrestation, la détention et l’exécution illégales de leurs époux. Ces quatre hommes ont été pendus en 1995, en même temps que le célèbre militant Ken Saro-Wiwa et quatre autres hommes, après avoir été condamnés à l’issue d’un procès manifestement inéquitable...

Shell rejette toutes ces allégations ; elle affirme, de plus, que le tribunal devrait rejeter l’affaire pour défaut de compétence et prescription...

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Article
3 May 2019

Un tribunal des Pays-Bas se déclare compétent dans l’affaire où 4 veuves nigérianes accusent Shell de complicité dans l’arrestation et l’exécution de leurs époux

Auteur: Amnesty International Belgique

« Nigeria/Pays-Bas : le jugement concernant Shell est « une avancée cruciale vers la justice » », 1er mai 2019

Le tribunal de district de La Haye a rendu le 1er mai 2019 un jugement provisoire dans l’affaire intentée par Esther Kiobel et trois autres femmes concernant l’implication de Shell dans l’arrestation illégale, la détention et l’exécution de leurs époux par l’armée nigériane. 

 Le tribunal a statué en faveur des plaignantes, assurant qu’il est compétent pour juger de cette affaire qui ne doit pas faire l’objet d’un délai de prescription.

Le tribunal a également statué que Shell devait remettre des documents internes confidentiels aux avocats des plaignantes qui auront la possibilité d’interroger les témoins.

Amnesty International a salué la décision du tribunal, qui a ordonné à Shell de rendre publics certains documents internes, mais regrette qu’il n’ait pas ordonné que soient remis tous les documents demandés par les avocats d’Esther…

Esther Kiobel a intenté un premier procès à Shell en 2002 à New York mais, en 2013, la Cour suprême américaine a statué que les États-Unis n’étaient pas compétents en l’espèce, ce qui signifie que les tribunaux américains n’ont jamais eu à examiner sur le fond les allégations formulées contre Shell…

Les quatre plaignantes accusent Shell d’avoir joué un rôle déterminant dans l’arrestation et la détention illégales de leurs maris, les atteintes à leur intégrité physique, les violations de leurs droits à un procès équitable et à la vie, et leur propre droit à une vie de famille. Amnesty International a aidé Esther Kiobel à porter l’affaire devant la justice néerlandaise en 2017, et a publié un document de synthèse intitulé In The Dock, qui décrit en détail l’implication de Shell dans les arrestations et les exécutions…

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Auteur: Bart H. Meijer, Reuters (UK)

A Dutch court said on Wednesday it has jurisdiction to hear a damages suit brought against Royal Dutch Shell by four widows of activists executed by the Nigerian government in 1995.

In a preliminary decision, judges at the Hague District Court said they would allow the suit to go forward, a rare win in a decades-long legal fight, though the claimants must still prove their case. Shell denies wrongdoing or responsibility.

"The court considers itself capable" of hearing the case, said presiding judge Larissa Alwin, reading the decision of a three-judge panel. "This procedure will continue."

Dutch courts do not award large punitive damages claims, though the case has the potential to embarrass Shell and provide a measure of comfort for the activists' families if it finds the company bears responsibility in their deaths...

Shell, headquartered in the Hague, paid $15.5 million to victims' families in the United States in a 2009 settlement in which it also denied any responsibility or wrongdoing. The U.S. Supreme Court rejected U.S. jurisdiction in 2013.

"I am glad that the (Dutch) court has found it has jurisdiction," said lead plaintiff Esther Kiobel, whose husband Barinem Kiobel was among the executed activists.

"My husband was killed like a criminal. I want him to be exonerated."

Judge Alwin cautioned that the three-judge panel did not agree with assertions by the widows that Shell should have done more to prevent their husbands' executions...

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Auteur: Kate Hodal, Guardian

A Dutch court has ruled that it has jurisdiction to determine whether Royal Dutch Shell was complicit in the Nigerian government's execution of the Ogoni Nine, environmental protesters who fought against widespread pollution in the Niger Delta.

In a 50-page ruling hailed by campaigners as an "important precedent" for global human rights cases, judges at The Hague's district court said on Wednesday that they would allow the case to go forward, also indicating that the claimants – widows of four of the activists – would be able to bring further evidence to prove their case.

The ruling, which was partially read out to members of the public, also stipulated that the oil firm must now hand over confidential internal documents.
The four widows accuse Shell of instigating a deadly crackdown by the military government of the time against peaceful protesters in Ogoniland, in the Niger Delta, the most valuable oil-producing region in Africa.

Nine members of the Movement for the Survival of the Ogoni People, including its leader, Ken Saro-Wiwa, were executed in 1995 by the Nigerian authorities, following a widely discredited trial.

Esther Kiobel, whose husband, Dr Barinem Kiobel, was among the nine executed, said the decision would help exonerate the men.

"We shall prove our case. We have the evidence," she said. "I wouldn't be fighting this fight if I didn't have what it takes. I've been fighting for decades."

It has been a 24-year battle to get even this far. After exhausting all legal recourse in Nigeria, Kiobel first brought a class action against Shell in New York in 2002, where the US supreme court finally ruled in 2013 that the case had been filed in the wrong jurisdiction. A writ was then brought in The Hague, where the oil multinational is based.

Shell denies all allegations that it was complicit in the deaths of the Ogoni Nine or human rights abuses, but it has acknowledged that it was aware Nigeria's military was taking action to protect the company's infrastructure. In 2009, it paid out $15.5m (£11.9m) in an out-of-court settlement to Saro-Wiwa's family and others, but denied any wrongdoing.

 

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Auteur: Amnesty International

The District Court of The Hague today issued an interim ruling in the case brought by Esther Kiobel and three other women with regard to Shell’s involvement in the unlawful arrest, detention and execution of their husbands by the Nigerian military.

The court ruled in favour of the plaintiffs, that the court does have jurisdiction of the case and that this should not be time barred. It also ruled that Shell should hand over some confidential internal documents to the plaintiffs’ lawyers, and that they would have the opportunity to examine witnesses.

Mark Dummett, Amnesty International’s Head of Business and Human Rights, said:

“This decision marks a vital step towards justice for Esther and the other plaintiffs. It also sets an important precedent for other victims around the world who are seeking to hold powerful corporations to account, and who struggle to access justice.

“We salute Esther Kiobel, Victoria Bera, Blessing Eawo and Charity Levula. It’s only because of their courage and persistence that we’ve got this far.

“The women believe their husbands would still be alive today were it not for Shell’s relentless pursuit of profit, which encouraged the Nigerian government’s bloody crackdown on protesters even when it knew the deadly human cost. Shell might now face questioning in a court of law about what they knew and how they contributed to this horrifying event in Nigerian history.

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Auteur: Mark Dummett, Amnesty Global Insights, Medium

"Ruling due in Esther Kiobel’s epic legal battle against Shell", 24 Apr 2019

On 1 May, a court in The Hague, the oil multinational’s home town, will deliver a ruling on whether a case brought by Esther and three other Nigerian women over Shell’s role in their husband’s deaths can proceed.

The four widows accuse Shell of instigating a brutal crackdown by the-then military regime against peaceful protesters in Ogoniland, in Africa’s most valuable oil-producing region, the Niger Delta, in the 1990s. The protests were over pollution, the chronic lack of development, and the unfair distribution of oil wealth.

The ensuing crackdown culminated in the unlawful arrest, detention, and execution of the four women’s husbands in November 1995, alongside five other men, including Ken Saro-Wiwa, the writer, and activist who led the protests.

The Nigerian regime falsely accused the “Ogoni Nine” of involvement in a murder, and the men have never been exonerated, despite widespread criticism of the blatantly unfair trial, including by Amnesty International.

With little hope of achieving justice back home or of bringing a case against former members of the Nigerian government, Esther Kiobel and the other widows have instead been seeking to hold Shell accountable for its involvement in the human rights violations against protesters in Ogoniland. They are seeking a public apology as well as compensation...

Esther first sued Shell in the US, where she was granted asylum, in 2002. Shell fought the case on jurisdictional grounds all the way through the courts, and the Supreme Court eventually dismissed it in 2013. The US courts never got to examine the facts of the case or Shell’s responsibility. Four years later, Esther sued Shell in the Netherlands, where it is headquartered, along with the three other widows, Victoria Bera, Blessing Eawo and Charity Levula.

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Auteur: Deutsche Welle

'Verbrechen in Nigeria: Shell vor Gericht', 12 Feb 2019

Der britisch-niederländische Ölmulti Shell muss sich in den Niederlanden wegen Menschenrechtsverbrechen in Nigeria verantworten. Vier Witwen des Volkes der Ogoni werfen dem Konzern vor, die nigerianische Militärregierung in den 90er Jahren bei der Verhaftung und Ermordung ihrer Männer unterstützt zu haben. "Über Jahre hat Shell dafür gekämpft, dass dieser Fall nicht vor Gericht verhandelt wird", sagte die Klägerin Esther Kiobel laut Amnesty International. [...]

Die Ogoni hatten im Niger-Delta gegen die Verschmutzung ihres Lebensraumes durch die Ölförderung gekämpft. Der Protest wurde von Diktator Sani Abacha 1995 blutig niedergeschlagen. Shell, das seinen Firmensitz in den Niederlanden hat, hatte enge Verbindungen zur Militärdiktatur. [...]

Die Klägerinnen wollen die Komplizenschaft des Unternehmens an der Hinrichtung ihrer Ehemänner nachweisen und eine Entschuldigung sowie Entschädigungen erstreiten. In der Klageschrift wird Shell der Mittäterschaft an der ungesetzlichen Verhaftung und Hinrichtung von neun Männern bezichtigt. Die sogenannten Ogoni Nine, darunter Barinem Kiobel und der Autor Ken Saro-Wiwa, wurden wegen ihres Protests am 10. November 1995 gehängt. [...]

Die Klage gegen Shell wurde im Juni 2017 von Esther Kiobel und drei weiteren Frauen bei einem Zivilgericht in Den Haag eingereicht. Das Unternehmen sorgte immer wieder für Verzögerungen und bemühte sich, einen Prozess abzuwenden: Shell habe "keine Rolle bei der Verhaftung, dem Prozess und der Hinrichtung dieser Männer gespielt". [...]

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Auteur: BBC

"Nigeria: Ogoni widow testifies against Shell in The Hague", 12 February 2019

The widow of a Nigerian activist suing oil giant Shell over the execution of her husband says his death left her "traumatised" and "poverty-stricken".

Esther Kiobel is testifying in court in The Hague, demanding compensation from the Netherlands-based firm.

She is among four women who accuse Shell of being complicit in the hanging of their husbands by Nigeria's military in 1995. Shell denies the allegation.

The activists led mass protests against oil pollution in Nigeria's Ogoniland.

In a statement, [Shell] said the executions were "tragic events which shocked us deeply".

"We have always denied, in the strongest possible terms, the allegations made in this tragic case...

Saro-Wiwa and the eight other activists were executed after a secret trial in which they were convicted of murdering four Ogoni traditional leaders.

They denied the charge, and said they were framed...

...At his trial, Saro-Wiwa said the case was designed to prevent the Ogoni people from fighting against oil pollution which had devastated the region's environment and had caused poverty and disease.

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Auteur: Associated Press

"Nigerian widows sue Shell for complicity in activist deaths", 12 February 2019

The widows of four Nigerian activists have opened a civil court case against oil company Shell, alleging it was complicit in the deaths of their husbands more than two decades ago...

...Their husbands were among nine activists from the Ogoni tribe, led by writer Ken Saro-Wiwa, who were hanged in 1995 for the murder of four political rivals. Supporters say they were targeted because of their involvement in protests against environmental damage by Shell’s Nigerian subsidiary...

...Shell’s Nigerian arm, Shell Petroleum Development Company of Nigeria Limited, denied responsibility. 

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