RDC: Des associations de paysans demandent à la BM et la BAD de soutenir l'agriculture familiale à la place de l'agro-industrie

Auteur: Le Monde , Publié le: 24 April 2019

"Agriculture en RDC : un collectif d’associations appelle à soutenir les familles plutôt que les industriels", 17 avril 2019

Les militants congolais ont interpellé la Banque mondiale et la Banque africaine de développement pour que « cesse l’accaparement des terres ». Soutenir l’agriculture familiale plutôt que « l’agrobusiness » : tel est le conseil donné...à la Banque mondiale par un collectif d’associations en République démocratique du Congo (RDC)...« Nous demandons à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement de soutenir en priorité l’agriculture familiale et le désenclavement des zones rurales », a déclaré ce collectif...

Ces associations demandent à la Banque mondiale de « tirer les leçons de la débâcle » du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, une exploitation de 75 000 hectares lancée en 2014 sous la présidence de Joseph Kabila...Avec l’appui d’un partenaire sud-africain, Africom Commodities, les autorités congolaises voulaient dépasser la petite agriculture de subsistance...Le projet n’a jamais véritablement été mis en œuvre hormis l’ouverture de six points de vente à Kinshasa...La production est au point mort. Africom réclame à la RDC le remboursement de 20 millions de dollars (17,67 millions d’euros). « Les parcs agro-industriels ne sont pas la solution pour lutter contre la faim et la pauvreté des populations en RDC (…) La Banque mondiale doit cesser de favoriser l’accaparement des terres mais plutôt promouvoir l’agriculture familiale en RDC », a insisté Freddy Mumba Mukuba de la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (Conapac).

Selon ces militants, les parcs agro-industriels privilégient la privatisation du foncier rural et « la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains des millionnaires étrangers et d’une élite nationale ». La RDC dispose de 80 millions d’hectares de terres arables, dont 10 % seulement sont cultivées, d’après les statistiques.

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