Sénégal: Polémique autour de la gestion du pétrole et du gaz

La gestion du pétrole et du gaz récemment découverts au Sénégal et dont l'exploitation est prévue à partir de 2021 suscite déjà de nombreux débats voire de la polémique. D'un côté, il y a les leaders de l'opposition politique et de la société civile qui considèrent que le gouvernement gère de manière opaque ces ressources, ce qui est inacceptable à leurs yeux. Ils exigent par conséquent une gestion tranparente et inclusive. De l'autre, le gouvernement avec en tête le Président de la République, qui estime que la gestion du pétrole et du gaz est très transparente. Comme gage de transparence, il cite, entre autres, la publication régulière des contrats (voir le site web du Ministère de l’Energie et du Développement des Energies renouvelables), l'adhésion du Sénégal à l'ITIE, la création d'un Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (COS-Petrogaz, qui est l'organe de pilotage stratégique), la révision en cours du Code pétrolier et la ferme volonté politique de faire en sorte que le Sénégal ne soit pas victime de la "malédiction des ressources naturelles". Nous avons rassemblé dans les pages qui suivent les arguments des uns et des autres.   

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5 November 2018

Thierno Alassane Sall au président Macky Sall : " On n'a pas besoin d'être avocat, ni d'avoir beaucoup de connaissances pour savoir ce qui se passe dans le pays. Ce qu'il dit est en parfaite contradiction avec les dispositions de la loi 98- 05"

Auteur: Dakaractu (Sénégal)

Réponse du berger à la bergère! Après la sortie récente du Président de la République Macky Sall, qui demandait à ce que le débat sur le pétrole et le gaz soit encadré, le président de la république des valeurs, Thierno Alassane Sall a apporté une réplique. En effet, selon ce dernier, "on n'a pas besoin d'être avocat, de posséder beaucoup de connaissances ou non pour savoir ce qui se passe dans ce pays". Sur la sortie du Chef de l'État, le président de la république des valeurs estime "qu'il y a une parfaite contradiction entre ce que dit le Président Macky Sall et les dispositions de la loi 95-08". Poursuivant ses explications, Thierno Alassane Sall soutient que " c'est le Président Macky Sall qui s'est engagé à publier tous les contrats sur le pétrole et le gaz pour plus de transparence."  Thierno Alassane Sall constate également que " beaucoup de dispositions n'ont pas été respectées lors de la signature des contrats pétroliers par le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne au lendemain de son départ du gouvernement. " Le président de la république des valeurs s'exprimait lorsqu'il recevait la délégation de maitre Adama Guèye pour échanger sur la plateforme de sécurisation des élections...

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2 November 2018

Enquête sur la publication des contrats miniers, pétroliers et gaziers - Oxfam adresse un satisfécit au Sénégal

Auteur: Jean Pierre Malou, Sud Quotidien (Sénégal)

Oxfam a adressé un satisfecit total au gouvernement du Sénégal en rapport au respect des nouvelles normes internationales relatives à la divulgation des contrats. D’emblée, Isabel Munilla, responsable politique transparence dans les Industries extractives Oxfam America a précisé qu’ «une quarantaine de grandes entreprises évoluant dans ces trois secteurs ont été consultées dans ce rapport». Concernant les efforts de transparence que déploie le Sénégal, elle déclare: «C’est très bien que le gouvernement du Sénégal ait publié des contrats. Ceci est un bon signe de la part des pouvoirs publics à l’endroit des populations dans la gestion des ressources naturelles». Toutefois, elle estime qu’il reste du chemin à faire notamment dans la capacité à lire et comprendre les clauses des contrats. Ce qui nécessite d’outiller les acteurs particulièrement la société civile, la presse et les populations de manière générale aux fins de lever toutes équivoques relatives à ces questions. Mais vite, elle prévient qu’«il pourrait y avoir quelques tensions puisque tout le monde sera désormais en mesure de lire et de comprendre les tenants et les aboutissants des documents signés par l’Etat du Sénégal dans les domaines des mines, du pétrole ou du gaz».
 

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2 November 2018

Macky Sall sur la polémique autour de la gestion des hydrocarbures: « Il faut un débat sérieux, ojectif et outillé »

Auteur: Ndeye Aminata Cissé, Sud Quotidien (Sénégal)

Selon Macky Sall, le débat sur le pétrole et le gaz doit être «sérieux, objectif et outillé». « Dans le domaine des hydrocarbures j’invite l’ITIE à encourager le débat. Mais, il faut un débat séreux, un débat vraiment objectif ». C’est en ces termes que le Président de la République Macky Sall a fustigé le comportement de certains responsables politiques qui s’investissent à dénoncer la gestion du pétrole et du gaz au Sénégal...« On se permet, dans un pays aussi démocratique que le Sénégal où  l’expression est libre, d’écrire un ouvrage ou de publier dans les réseaux sociaux que le gouvernement a fait perdre à son pays 100 milliards de dollars (plus de 55.000 milliards F CFA-Ndlr)) dans une opération alors que nous sommes  en phase d’exploration. Il  est clair que dans la phase d’exploration et même de développement, il n’y a pas de taxes. C’est le code pétrolier qui le dit. Pendant des mois, le pays est tenu en haleine sur de faux problèmes pour prétendre qu’on a vendu le pays à des compagnies », déplore le Chef de l’Etat. Macky Sall suggère aussi un débat ouvert mais aussi bien outillé. « Il faut que ça soit un débat où les gens savent de quoi ils parlent. Parce que le pétrole, le gaz et  les mines  sont des choses très sérieuses pour qu’on se permette tous les matins d’occuper les médias sur des considérations complètement fallacieuses. Oui pour un débat objectif transparent, mais de grâce, que ceux qui ne savent pas aillent d’abord s’informer », lance-t-il...Toutefois, Macky Sall admet que les contrats sur le pétrole et le gaz sont très souvent déséquilibrés. « On n’accuse aucune compagnie, mais c’est dû au fait que les pays africains sont partis handicapés dés le départ, parce qu’au lendemain des indépendances, on a dû accompagner et suivre une société internationale qui avait ses règles. Alors qu’elles  étaient fixées pendant que nous n’étions pas autour de la table. On nous a demandé de faire la promotion des investissements, d’être attractif et d’inviter les gens à venir investir. Parce que les pays sont risqués,  il y a les maladies et la guerre. Donc, ceux qui viennent sont tellement courageux qu’il faut tout leur offrir », se désole le Chef de l’Etat, avant de relever que le continent africain a hérité de ces législations. C’est pourquoi il a invité  les compagnies à comprendre les Etats lorsqu’ils sont un peu exigeants sur les taxes en particulier...

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2 November 2018

Ousmane Sonko répond à Macky Sall: « Oui, Monsieur le Président, il s'agit d'une question très sérieuse, mais votre gestion ne l'a pas été »

Auteur: Moctar Dieng, Sud Quotidien (Sénégal)

« À chaque sortie du Président Macky Sall, nous mesurons davantage à quel point le choix de 2012 a été une erreur, tant le discours et l’argumentaire de l’homme sont superficiels et manquent de sérieux ». Tels ont été les propos d’Ousmane Sonko de Pastef/Les Patriotes qui réagissait...à la sortie du Président Macky Sall sur la polémique autour de la gestion du pétrole et du gaz au Sénégal. Pour le député candidat à la présidentielle, la sortie de Macky Sall ne relève pas le niveau du débat autour des questions-là surtout « lorsqu’un citoyen produit un ouvrage de 255 pages pour révéler tous les manquements et magouilles dans la gestion de nos ressources pétrolières et gazières ». Et non plus « lorsqu’il situe et démontre la responsabilité du Président de la République qui a sciemment violé la Constitution et trahi son serment...». Qui plus est, a relevé Sonko, « lorsqu’il situe et démontre la responsabilité de ses ministres de l’Energie et des Finances ». Loin de s’en arrêter-là, Ousmane Sonko dira sans fioitures qu’ « Il faut beaucoup plus que des feintes présidentielles pour se dédouaner d’un débat inévitable »...le leader de Pastef/Les Patriotes affirmera: « Oui, Monsieur le Président, il s’agit d’une question très sérieuse, mais votre gestion ne l’a pas été. Vous avez délibérément compromis les intérêts du Sénégal et c’est inacceptable ». Au final, le député a tenu à faire savoir au...chef de l’Etat : « Si vous vous estimez diffamé, portez plainte ; si vous avez des arguments à faire valoir, acceptez un débat direct et contradictoire ; si vous n’osez rien de cela, faites profil bas comme tout transgresseur pris la main dans le sac ».

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2 November 2018

Publiction des contrats pétroliers, gaziers et miniers au Sénégal - Les compagnies appelées à plus de transparence

Auteur: Babacar Gueye Diop, Le Quotidien (Sénégal)

La Société civile veut être impliquée dans l’élaboration des contrats pétroliers, gaziers et miniers, l’Assemblée nationale dénonce une mise à l’écart et les journalistes déplorent les difficultés d’accès à l’information...les compagnies du secteur minier ont fait face aux complaintes des acteurs. Le soutien des entreprises pour la publication des contrats progresse. Cependant, la majorité des entreprises évaluées par Oxfam dans 40 pays accusent un retard concernant la transparence des contrats...Lors des débats, la publication et la compréhension des contrats étaient au centre des préoccupations avec un plaidoyer pour une diversification des acteurs. Au banc des accusés, les sociétés Total et Kosmos energy répondent qu’elles font la promotion de la transparence au sein de leur boîte. Cependant, notent-elles, en l’absence de la volonté du gouvernement, elles ne peuvent pas se mettre dans une situation de concurrence. «A un certain moment, si la compagnie prend la responsabilité de répondre à un certain nombre de questions, c’est comme si elle prenait la place de l’Etat. Dans cette situation, on préfère observer la neutralité», s’explique Mamadou Mar Faye de Kosmos energy. Une posture adoptée par Jean-Francois Lassalle de Total pour qui sa société «n’a aucun problème avec la publication des contrats». D’ailleurs, s’agissant du contrat qui lie le Sénégal au géant pétrolier français, «il est en train d’être analysé» par la coalition Publiez ce que vous payez, informe Abdoul Bousso, vice-président de cette plateforme. «Nous considérons que le gouvernement a fait un pas en publiant le contrat qui nous donne un faisceau d’informations sur lequel nous pouvons passer», souligne M. Bousso. En tout état de cause, l’Assemblée nationale devrait être associée dans le processus. C’est l’avis de Cheikh Oumar Sy, président du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minières. «On parle plus de la Société civile, des compagnies pétrolières, du gouvernement, mais ceux qui sont élus par le Peuple n’ont pas été interrogés dans ce document. Nous avons un schéma au Sénégal dans lequel l’Assemblée nationale n’est pas dans le processus de signature du contrat. A un moment, on a senti que le gouvernement est réfractaire pour que l’Assemblée nationale joue son rôle dans le cadre de ces contrats», dénonce l’ancien député. Pour sa part, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) regrette les difficultés d’accès à l’information auprès des compagnies pétrolières et gazières. «Les compagnies pétrolières doivent se rendre plus disponibles pour répondre aux journalistes concernant les contrats et leurs activités. Il est extrêmement difficile d’avoir un interlocuteur crédible», a souligné Mamadou Ndiaye, directeur des études du CESTI.

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2 November 2018

Thierno Bocoum d’Agir sur la sortie de Macky Sall autour de la gestion du pétrole et du gaz: « C’est parce qu'il y a une nébuleuse qu'on est obligé d'en parler »

Auteur: Abdoulaye Thiam, Sud Quotidien (Sénégal)

La sortie du Chef de l’Etat demandant à ses adversaires d’arrêter de tenir de “faux débats” sur la question des hydrocarbures fait rage. Si Ousmane Sonko demande à Macky Sall...de porter plainte s’il se sent diffamé...Thierno Bocoum, lui, parle d’une obligation pour les Sénégalais d’en parler à cause de “la nébuleuse dans ces dossiers”. Le Président du mouvement Alliance générationnelle pour les intérêts de la République (Agir) est d’avis qu’il y a un manque de transparence dans les dossiers liés à la gestion des ressources pétrolières et gazières au Sénégal et qu’il faut bien les dénoncer. « Effectivement, nous aurions pu nous taire si toutes les informations avaient été fournies au peuple sénégalais concernant ses propres ressources. Nous aurions pu nous taire si le Chef de l’Etat avait pris toutes les dispositions pour une transparence totale dans les signatures liées aux ressources naturelles», a déclaré Thieno Bocoum...« C’est parce qu’il y a une nébuleuse totale dans la gestion de ces ressources que l’opposition est obligée d’en parler », relève l’ancien député...Et Thierno Bocoum d’arguer dans la foulée: « Les ressources naturelles appartiennent au peuple sénégalais, selon la Constitution. Le Président de la République ne peut pas faire de leur gestion une question personnelle. Sa seule légitimité qui découle du suffrage universel ne peut couvrir ses actes de mainmise sur nos ressources naturelles qui se traduisent par des signatures de contrats dans des conditions nébuleuses et sans concertations préalables ». Raison pour laquelle [pour lui]...« Il-Macky Sall, ndlr-devait faire preuve de transparence durant tout le processus d’attribution et créer les conditions permettant de garantir les intérêts des populations. Il fallait commencer par ce qui est retenu aujourd’hui avec le système des appels d’offres qui est un système vieux comme le monde et que le Président avait sciemment ignoré sans raisons »...En outre, relève Thierno Bocoum, « Il s’y ajoute qu’un contrat léonin même publié demeure léonin. La publication des contrats n’est pas suffisante. Les termes des contrats doivent prendre en compte les intérêts majeurs de la population. L’expertise doit être étendue à la société civile et aux partis politiques »...

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