Suisse : Malgré leur importance croissante, les experts en durabilité se heurtent au manque d’engagement de leurs entreprises

Auteur: Rachel Richterich, Le Temps (Suisse), Publié le: 15 April 2019

« Le blues des « durablologues » », 12 avril 2019 

Leur job, c’est d’améliorer l’empreinte environnementale de l’industrie. Et face à l’urgence climatique, ils sont devenus incontournables, tant dans les grandes firmes que dans les administrations publiques ou les ONG. Pourtant, ces missionnaires de la durabilité font part d’un certain manque de considération…

Un certain flou caractérise la fonction. En témoignent les multiples appellations qui qualifient ces collaborateurs : du chargé de projet durabilité, au responsable de l’impact environnemental et social, en passant par les terminologies anglo-saxonnes global head of sustainability, corporate social responsibility officer ou même chief sustainability officer, pour mettre l’emphase sur une fonction qui n’a de chef que l’intitulé…

Leur place dans la hiérarchie est tout aussi variable. Souvent rattachés au département de communication, plus rarement à la direction générale du groupe et parfois engagés comme consultants externes… 

Il prend l’exemple d’un responsable des achats, qui a longuement négocié les termes d’un contrat avec un fournisseur: «Il a soigneusement contraint cette relation au fil des années pour maintenir des niveaux de prix les plus bas, permettant à la société de réaliser ses marges. Soudainement, on lui annonce que ce sous-traitant ne devrait plus intervenir dans la chaîne de valeur, s’il ne respecte pas le droit du travail de son pays», raconte François Sibille...

« Nous ne sommes pas les premiers décideurs au sein de l’entreprise, renchérit François Sibille. La direction générale doit être directement impliquée pour engager toute l’organisation dans le processus. C’est la clé. » Car comme on le dit volontiers chez les « durablologues », la durabilité d’une entreprise se mesure à celle de son patron.

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