Tchad: L'armée et les groupes rebelles se disputent les mines d'or du Tibesti, créant ainsi l'insécurité dans la région

Auteur: Sandrine Blanchard, Deutsch Welle (Allemagne), Publié le: 29 September 2019

"L'or maudit du Tchad", 26 septembre 2019

Une mine illégale d'or s'est effondrée dans le nord du Tchad...Une fois de plus, l'or apporte la désolation dans cette région, soumise à l'état d'urgence suite à des combats entre des groupes rebelles et l'armée nationale tchadienne, qui se disputent les richesses du sous-sol. L'Etat tchadien a bien du mal à contrôler cette zone du Tibesti, aux confins du Tchad et de la Libye...Côté tchadien, l'armée combat à Miski des orpailleurs tchadiens et des pays environnants, des groupes rebelles, des gangs armés...ainsi qu‘un comité d'autodéfense de la population locale teda. Tous lorgnent sur les gisements d'or. Des autochtones [sont] pourchassés.

Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l'Homme (CTDDH), rappelle l'origine des problèmes du Tibesti et... : "La famille présidentielle s'est installée et a exploité l'or à son profit. Quand les autochtones ont voulu faire de l'orpaillage, ils ont été pourchassés. Il y en a même qui ont été tués. Cette expérience a scandalisé les habitants du Tibesti."

DW: Donc l'exploitation, même légale, de l'or ne se fait pas dans de meilleures conditions que l'exploitation dans les mines clandestines? Mahamat Nour Ibedou : "Absolument. Les conditions de travail sont effroyables."

C'est pour obtenir la fin des détournements et une répartition plus équitable des richesses générées par l'exploitation de l'or que s'est créé un comité d'autodéfense...Le Tibesti s'est commué "en champ de bataille", explique Mahamat Nour Ibedou... "La proximité de la Libye et la circulation des armes a fait que leur maniement a même été ouvert aux enfants." Le comité d'autodéfense refuse de déposer les armes tant que l'Etat n'accepte pas sa revendication de garanties comparables à celles données aux habitants de Doba...[qui ont]...obtenu des dédommagements pour les expulsions et perçoit 5% des bénéfices sur la vente du pétrole extrait dans la région.

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