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Artigo

4 nov 2022

Author:
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin (Suisse)

Face à la course au lithium, l’Afrique doit aussi faire attention aux risques pour l’environnement, selon un rapport

"Course au lithium : l’Afrique doit aussi faire attention aux risques pour l’environnement", 4 novembre 2022

Dans la base de données Ecofin Pro consacrée au secteur minier africain, 25 projets de lithium ont été répertoriés. Ils sont répartis entre 9 pays parmi lesquels le Zimbabwe, la Namibie, le Mali ou encore la RDC et le Ghana sont les mieux représentés. À l’heure actuelle, la seule mine de lithium en phase de production sur le continent est celle de Bikita au Zimbabwe, même si plusieurs autres projets sont à des stades très avancés en RDC et au Mali...

Les risques environnementaux liés à l’exploitation du lithium

Bien que l’exploitation du lithium en Afrique puisse se révéler très profitable sur le plan financier pour les compagnies minières et ipso facto pour les caisses publiques, il faut noter qu’elle n’est pas exempte de conséquences sur l’environnement. En Amérique du Sud, où le lithium est principalement extrait des saumures salées comme au Chili ou en Bolivie, les opérations d’exploitation sont dévastatrices pour l’écosystème, et ce à plusieurs égards. En plus d’augmenter entre autres les émissions de gaz à effet de serre et de détruire les terres fertiles, l’extraction du lithium appauvrit les nappes phréatiques...l’extraction d’une tonne de lithium consomme environ 500 000 gallons d’eau, soit à peu près 2 millions de litres. Cette situation accentue la sécheresse, ce qui est préjudiciable pour la faune, la flore, mais...

Si en Afrique, le lithium est principalement extrait des roches dures sous forme de spodumène, l’impact environnemental reste important. L’extraction du minerai se fait en dynamitant le sol puis en creusant des puits miniers de quelques centaines de mètres de profondeur. Une fois le minerai extrait, il doit être transporté à l’usine de concentration afin d’être débarrassé des stériles. Les conséquences de ce processus sur l’environnement vont de la pollution du sol et des eaux ainsi que de l’air à une grande consommation d’eau et de ressources énergétiques...

Au Zimbabwe...les communautés locales reprochent déjà aux autorités de ne pas suffisamment encadrer les activités de la mine de lithium Bikita. Elles se plaignent notamment d’être à court d’eau potable, car les déchets miniers libérés par Bikita ont pollué des rivières et cours d’eau...La végétation des zones proches du site aurait également été sérieusement touchée par l’activité minière...

« Il n’y a pas de mine propre, ça n’existe pas. En revanche, on peut faire moins sale […] ». Ces propos du journaliste français et spécialiste de la géopolitique des matières premières Guillaume Pitron ont de quoi susciter un brin d’espoir. Les risques environnementaux liés à l’exploitation du lithium sont gérables si le secteur est mieux encadré et que les autorités africaines jouent bien leur rôle de police du secteur minier. Elles peuvent par exemple militer pour plus de transparence dans la publication des études d’impact environnemental et social des projets. De leur côté, les populations locales, les premiers affectés par l’exploitation, ne doivent pas être passives sur la question...