Décarbonation progressive des industries extractives en Afrique malgré de nombreux obstacles
"Climat: la longue course vers la décarbonation des industries en Afrique", 6 septembre 2023
Le dérèglement climatique qui s’accélère partout dans le monde impose la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement de la planète. Au niveau mondial, l’industrie occupe la troisième place dans les secteurs les plus émetteurs de dioxyde de carbone (CO2)...
L’Afrique ne contribue qu’à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). C’est pourtant le continent le plus affecté par le dérèglement climatique qui menace les moyens de subsistance et entrave le développement de son économie. Cette situation ne doit toutefois pas occulter la nécessité pour le continent de s’orienter vers une croissance économique durable. Et cela passe par plusieurs secteurs clés, notamment l’industrie.
Au niveau mondial, ce secteur contribue à 21 % des émissions de GES, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Même si la part de l’Afrique dans la manufacture mondiale n’est que de 1,9 %, l’industrialisation de l’Afrique s’accélère. Ces dernières années, la contribution du secteur industriel au produit intérieur brut (PIB) de l’ensemble du continent africain a bondi de 130 %, selon la Banque africaine de développement (BAD)...
Cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochaines années, avec la décision de plusieurs pays et grands ensembles sous régionaux de transformer leurs ressources naturelles sur place...
En Afrique de l’Ouest, la Guinée veut également transformer sa bauxite sur place, dont les réserves sont estimées à 40 milliards de tonnes. C’est une industrie lourde qui nécessitera une importante quantité d’énergies. Riche en ressources naturelles et en terres rares, la République démocratique du Congo (RDC) veut aussi transformer ses ressources localement, afin de profiter du marché des voitures électriques qui devrait encore se développer au cours des prochaines années. C’est d’ailleurs dans l’industrie extractive que s’observe un certain dynamisme dans la transition énergétique. Dans plusieurs pays du continent, des exploitants dotent leurs mines et usines de traitement de minéraux de centrales à énergies renouvelables...
Il est vrai que certaines sources d’énergie, notamment le solaire, permettent surtout la réduction des factures d’électricité. Mais cette démarche permet également de réduire les émissions de GES liées aux activités minières...C’est dans cette optique que Tharisa a signé un accord il y a quelques mois avec l’entreprise française Total Eren et la britannique Chariot pour doter sa mine de platine de Karo au Zimbabwe d’une centrale solaire photovoltaïque de 30 MWc...[Fait référence à Rio Tinto, Anglo American, Eskom, TotalEnergies et Sasol].