Afrique: L'augmentation des déchets électroniques pose des défis sanitaires et environnementaux
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Le développement d’Internet et la numérisation accélérée de l’Afrique ont boosté la demande en produits électroniques. Cependant, la gestion de la fin de vie de ces équipements, dont le nombre ne cesse de croître, expose davantage le continent à l’un des effets pervers de la transformation numérique : la prolifération des e-déchets. Trouver une solution pérenne à ce défi devient urgent.
L'Afrique est confrontée à un défi environnemental et sanitaire majeur : la gestion des déchets électroniques, ou e-déchets. Cette menace croissante, souvent ignorée du grand public, met en danger non seulement la santé des populations, mais aussi les écosystèmes du continent. Pourtant, bien encadrée, elle pourrait devenir une opportunité économique et industrielle majeure, indique le Centre africain pour la transformation économique (ACET)...
L’institut panafricain de politique économique révèle que chaque année, l’Afrique génère environ 2,5 millions de tonnes d’e-déchets, un volume en constante augmentation. Ces déchets incluent une large gamme de produits électroniques en fin de vie : téléphones portables, ordinateurs, appareils électroménagers, batteries, câbles, etc. À cela s’ajoute une part importante d'équipements usagés importés, souvent sous couvert de réutilisation, mais qui sont en réalité des déchets déguisés. Citant les données du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ACET révèle que le Ghana reçoit environ 150 000 tonnes de déchets électroniques étrangers par an, par des moyens légaux et illégaux. En revanche, les déchets électroniques produits dans le pays ne représentaient que 52 000 tonnes en 2019, dont 93 à 97 % ont été collectés et recyclés par le secteur informel par le biais de la collecte porte-à-porte.
Les e-déchets contiennent des substances hautement toxiques comme le plomb, le mercure ou le cadmium. Leur traitement informel – par brûlage à ciel ouvert ou lixiviation acide – libère ces substances dans l’environnement, contaminant l’air, l’eau et les sols. « L'incinération des déchets électroniques libère du CO₂, du méthane (CH₄) et de l'oxyde nitreux (N₂O), qui sont tous des gaz à effet de serre puissants contribuant au réchauffement de la planète. La combustion des plastiques et des matériaux synthétiques contenus dans les déchets électroniques émet des dioxines, des furanes et d'autres polluants, contribuant ainsi à la pollution de l'air et au changement climatique. Les réfrigérateurs, climatiseurs et autres appareils de refroidissement mis au rebut dans les déchets électroniques libèrent des gaz hydrofluorocarbones, qui comptent parmi les polluants les plus puissants pour le réchauffement du climat et dont le potentiel de réchauffement global est beaucoup plus élevé que celui du CO₂ », indique l'ACET.
Les conséquences sur la santé publique sont dramatiques : maladies respiratoires, troubles neurologiques, cancers, avec une vulnérabilité accrue pour les femmes enceintes et les enfants...