France : Une riveraine de l’usine Sanofi produisant la Dépakine porte plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui et non signalement d'effet indésirable"
"Dépakine : une riveraine de l’usine Sanofi de Mourenx porte plainte pour mise en danger d’autrui", 20 novembre 2023
Elle n’a jamais consommé directement de Dépakine, mais pense en être victime. Une plainte a été déposée mercredi dernier pour mise en danger d’autrui par la mère de deux enfants autistes, à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques)...
Dans le viseur, l’usine Sanofi de la ville, qui fabrique de la Dépakine. Ce produit est un antiépileptique commercialisé par le laboratoire, au cœur d’un scandale pharmaceutique. Il a été jugé responsable de malformations et de troubles cognitifs et moteurs chez des milliers d’enfants, via leurs mères traitées pendant leur grossesse. Mais contrairement à la première affaire Dépakine, cette fois, la victime supposée n’a pas consommé ce médicament.
Elle pense avoir été contaminée par les rejets de substances de l’usine Sanofi de Mourenx, classée Seveso. Cette usine a en effet été pointée du doigt en 2018 pour des rejets toxiques hors norme de valproate de sodium, qui sert de base à la Dépakine. Mais aussi de bromopropane, substance considérée comme « possible cancérogène » par l’OMS.
La femme qui a porté plainte pense que ces substances, auxquelles elle aurait été exposée pendant ses grossesses, ont entraîné les maladies de ses deux enfants : nés en 2014 et en 2016, ils sont atteints d’autisme. Travaillant depuis 2011 dans des locaux se trouvant à une cinquantaine de mètres de l’usine, elle a réalisé un test Dépakinémie en 2018, après les premières révélations. Test qui s’est avéré positif...
« Aujourd’hui, le site continue d’opérer normalement dans le respect des réglementations pour produire un traitement essentiel pour de très nombreux patients », continue Sanofi. Le laboratoire déclare également ne pas avoir eu connaissance de la procédure lancée mercredi dernier.