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記事

2025年12月12日

著者:
RFI

Madagascar: L'exploitation de l’ilménite par QMM, filiale de Rio Tinto, n'a pas d'impact économique ou social réel pour la population, selon la société civile; avec les commentaires de l'entreprise

申立

"Madagascar: à Fort Dauphin, quinze ans d’ilménite… et peu de développement concret pour la région", 12 décembre 2025

À Madagascar, cela fait désormais quinze ans que QMM, filiale de Rio Tinto et deuxième plus grande mine du pays, extrait de l’ilménite...dans le sud de l'île. Quinze années durant lesquelles Fort-Dauphin s’est transformée au rythme des investissements : routes, port, électricité : des améliorations indéniables pour la population. Mais ce développement visible ne parvient pas à masquer un paradoxe : la transformation structurelle de la région, elle, n’a jamais eu lieu. Pire encore, selon la société civile, le modèle extractif actuel, déséquilibré et non inclusif, aurait généré davantage d’inégalités que d’opportunités...

Port en eau profonde, parcs solaires et éoliens, routes bitumées : la ville côtière de Fort-Dauphin, dans le sud de Madagascar, a incontestablement bénéficié des nouvelles infrastructures financées par QMM depuis 2009. « Ce sont des améliorations pour toute la ville, mais aussi pour les communes autour de Fort Dauphin », confirme Gahidï Marenjaka Masimana, président de la Plateforme régionale de la société civile de l’Anosy.

Malgré ces progrès visibles, les organisations de la société civile constatent l’absence d’avancées économiques significatives pour la région. Elles rappellent pourtant que l’entreprise reverse 2 % du montant de ses ventes de minerais à l’État, ainsi que plus de 4 millions de dollars d’aide par an aux populations dans le cadre de ses programmes sociaux (RSE).

« On ne sait pas où va tout cet argent. Nous constatons un manque de transparence dans la redistribution et sur les bénéficiaires. Il y a une véritable opacité de gestion. En 2005, le taux de pauvreté dans la région Anosy était d’environ 74 %. En 2022, il a grimpé à 92 %. Cela montre qu’il n’y a pas d’impact économique ou social réel », explique le responsable...

Après quinze ans, la société civile réclame désormais la mise en place d’un suivi environnemental et sanitaire indépendant — et non assuré par QMM comme aujourd’hui. Selon ses observations, de nouvelles pathologies seraient apparues chez les habitants vivant à proximité de la mine : « diarrhées récurrentes, maladies de peau, cancers des yeux… des maladies qu’on ne voyait pas auparavant », explique M. Masimana.

Dans leurs recommandations, les associations exigent de l’État de rendre publics les contrats d’exploitation minière, afin de garantir une gestion transparente des ressources. Mais également de revoir les mécanismes de compensation, avec de véritables sanctions pénales en cas de détournement ou de mauvaise gestion avérée.

Des exigences qui concernent l’ensemble des sociétés minières présentes sur l’île — celles déjà en activité comme celles susceptibles de démarrer prochainement...

Contactée avant publication, QMM avait réservé sa réponse. Le géant minier souhaite, a posteriori, apporter des précisions afin de compléter les informations présentées par la société civile. « Le secteur minier joue un rôle essentiel dans le développement régional et national, en soutenant les collectivités et en contribuant à l’économie locale. Toutefois, il ne peut, à lui seul, répondre à l’ensemble des attentes socio-économiques. »

« L’évaluation des impacts directs comme indirects d’un projet tel que QMM ne peut se limiter à un taux de pauvreté élevé, sans prendre en compte les réalités structurelles du pays. Les redevances issues des produits miniers sont versées directement au Trésor public qui en assure la redistribution, conformément aux textes en vigueur. Ces montants sont rapportés dans le cadre de l’EITI et, le cadre légal le régissant, s’agissant de lois, est publié au Journal Officiel. »

« QMM agit pour un impact durable. Ses initiatives dans le cadre de la responsabilité sociétale de l’entreprise ou RSE - appui à l’éducation, amélioration de la santé (cliniques mobiles, réhabilitation des CSB II), soutien aux agriculteurs et aux pêcheurs, parmi tant d’autres - ont contribué à améliorer les conditions de vie des communautés locales. »

« Ouverte au dialogue, QMM s’engage à poursuivre ses efforts pour que la mine continue de bénéficier à toutes les parties prenantes dont notamment les communautés et les citoyens malagasy. »