abusesaffiliationarrow-downarrow-leftarrow-rightarrow-upattack-typeblueskyburgerchevron-downchevron-leftchevron-rightchevron-upClock iconclosedeletedevelopment-povertydiscriminationdollardownloademailenvironmentexternal-linkfacebookfilterflaggenderglobeglobegroupshealthC4067174-3DD9-4B9E-AD64-284FDAAE6338@1xinformation-outlineinformationinstagraminvestment-trade-globalisationissueslabourlanguagesShapeCombined Shapeline, chart, up, arrow, graphLinkedInlocationmap-pinminusnewsorganisationotheroverviewpluspreviewArtboard 185profilerefreshIconnewssearchsecurityPathStock downStock steadyStock uptagticktooltiptriangletwitteruniversalitywebwhatsappxIcons / Social / YouTube

This page is not available in English and is being displayed in French

Article

18 Oct 2025

Author:
Emmanuel Ekouli, La Voix du Centre (Cameroun)

Cameroun : À Édéa, l’huile de la discorde – Socapalm, l’État et la guerre silencieuse pour la terre

ÉDÉA, Cameroun – Un voile épais de défiance et de colère recouvre les plantations de palmiers à huile d’Édéa. Dans cette région du Littoral, la terre, source de vie et d’identité, est au cœur d’un conflit qui oppose depuis des années les populations riveraines à la Société Camerounaise des Palmeraies (Socapalm), filiale du géant belge Socfin. Une récente enquête de l’ONG Green Development Advocate (GDA) vient de jeter une lumière crue sur cette crise latente, en mettant en doute la régularité des concessions foncières de près de 1 000 hectares détenues par l’agro-industriel.

Le rapport, aussi détaillé qu’accablant, affirme que ces vastes étendues, officiellement attribuées par l’État, empiéteraient en réalité sur des terres ancestrales communautaires. Selon les témoignages recueillis par GDA, l’acquisition de ces parcelles s’est souvent faite dans la plus grande opacité, sans le consentement libre, informé et préalable des populations, pourtant garanti par la loi camerounaise. Les communautés dénoncent une « confiscation » pure et simple de leur patrimoine, une spoliation qui les prive de leurs moyens de subsistance – cultures vivrières, forêts de cueillette – et les enfonce dans une précarité alarmante...

Face à ces accusations, la réponse de Socapalm est sans équivoque : la légalité de ses titres de propriété est incontestable, car ils ont été obtenus directement de l’État camerounais, seul habilité à gérer le domaine national. L’entreprise se présente même comme un acteur de la transparence. Elle indique avoir collaboré avec le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (Mindcaf) pour une vaste expertise foncière indépendante, achevée en mars 2025. Ce processus, assure-t-elle, a permis de « régulariser » ses concessions et, preuve de sa bonne foi, de « restituer à l’État les parcelles non conformes » identifiées par les experts.

Mais cette version des faits peine à convaincre les observateurs et les organisations de la société civile. Pour eux, cette « régularisation » intervient a posteriori, comme une tentative de blanchir des situations contestées. « Le problème de fond demeure : comment ces terres, habitées et exploitées par les communautés depuis des générations, ont-elles pu être classées comme domaine national et cédées à une entreprise sans consultation ? », interroge un expert foncier local. La question de la compensation juste et équitable des populations affectées reste également entière, beaucoup dénonçant des indemnisations dérisoires ou inexistantes.

Ce conflit à Édéa est le microcosme d’un mal plus large qui ronge les campagnes camerounaises : la course aux terres agricoles au détriment des droits des plus vulnérables. Alors que Socapalm brandit ses titres et ses efforts de régularisation, et que les communautés brandissent leur droit à exister sur leurs terres, le fossé ne cesse de se creuser. L’État camerounais, à la fois garant de la loi et pourvoyeur des concessions, se trouve dans une position délicate. Il est désormais sommé de trancher...

Timeline