Un tribunal américain condamne le Fonds spéculatif Och-Ziff lié à Dan Gertler à verser 135 millions USD à AFRICO victime d’une affaire de corruption en RDC
Les actionnaires ont été reconnus comme des « victimes d’actes criminels » par le tribunal pour avoir perdu leur intérêt dans la future mine de cuivre et de cobalt de Kalukundi, au Katanga. Cependant, les communautés congolaises vivant près de la mine volée n’ont reçu aucune indemnisation car leur sort n’a pas été pris en considération dans les procédures judiciaires américaines.
« La branche du secteur privé de la Banque mondiale, la Société financière internationale (SFI), un actionnaire important d’Africo, aurait pu participer à la récupération de millions de dollars pour la lutte contre la pauvreté...l'IFC a choisi de ne pas se joindre à l’action en justice avant la onzième heure...l’entrée tardive de l’IFC a déclenché un différend quant à savoir si elle a cédé ses droits de restitution dans le cadre d’une vente opaque d’actions à l’ancien président d’Africo...
« Des milliers de résidents congolais pauvres sont absents de cette affaire et ne recevront aucune compensation pour leur perte d’avantages sociaux et économiques », a déclaré Anneke Van Woudenberg, directrice exécutive du RAID...« L’IFC a été invitée à plusieurs reprises à intervenir, mais n’a pas pris de mesures dès le début, n’a pas révélé si elle récupérera des fonds et a montré peu de considération pour le bien-être de ceux qui en ont le plus besoin. »
Le juge américain a également confirmé une amende de 213 millions de dollars contre la filiale d’Och-Ziff après avoir plaidé coupable à des accusations de complot en vue de violer la Foreign Corrupt Practices Act (FCPA). Och-Ziff avait auparavant payé une pénalité civile de 200 millions de dollars à la Securities and Exchange Commission. Au total, Och-Ziff aura payé 548 millions de dollars en pénalités pécuniaires et en restitution...En tant qu’ancien actionnaire d’Africo touché par la corruption, IFC aurait pu participer dès le départ, aux côtés d’autres actionnaires victimes, à l’action en justice en se fondant sur sa participation de six pour cent plus ses options d’actions, offrant ainsi une possibilité indirecte aux résidents congolais d’être représentés...
Depuis 2019, le RAID a pressé à plusieurs reprises l’IFC de demander réparation aux communautés congolaises ou d’expliquer pourquoi elle ne se joignait pas à l’action en justice d’autres actionnaires, mais l’IFC n’a fourni aucune réponse claire. IFC a vendu ses actions d’Africo plus d’un an après que la société a été effectivement corrompue. L’IFC a déclaré dans une correspondance écrite au RAID...qu’elle avait transféré ses droits légaux à un « tiers », mais n’a pas précisé qui était la partie ni comment les droits de restitution qui n’ont vu le jour qu’en 2016, à la suite de l’action en justice du ministère de la Justice contre Och-Ziff, auraient pu être anticipés et transférés dans le cadre de sa cession initiale d’actions.