Centrafrique: Le trafic des diamants continue à financer les groupes armés, selon un groupe d'experts des Nations Unies

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3 January 2019

RCA : derrière les groupes armés se cachent les diamants de sang

Auteur: Kossivi Tiassou, Deutsche Welle (Allemagne)

Sur une production de 330 000 carats de diamants entre janvier et septembre 2018, la RCA n'en a exporté et contrôlé qu'un peu plus de 9 000. Un manque à gagner qui finance les groupes armées selon l'ONU...Selon un groupe d'experts de l'ONU, le trafic de diamants continue à financer les groupes armés en Centrafrique. Un constat partagé par Cresson Beninga, porte-parole du groupe de travail de la société civile : "Les groupes armés ne reçoivent plus seulement l'argent des commerçants de diamant mais ils deviennent aussi des acteurs. Et pour moi, cette conclusion de l'Onu n'est pas surprenante."...Les groupes armés rejettent de leur côté les accusations des experts onusiens. Le Colonel Djouma Nakoyo, un ancien chef militaire de l'ex-rébellion Seleka, avance comme raison le manque de moyens techniques et financiers nécessaires leur permettant l'exploitation du diamant : "Le travail du diamant se fait avec de l'argent. Où est-ce que ces groupes vont trouver cet argent pour l'exploiter et financer leurs mouvements ? Ce sont des mensonges." Cresson Beninga n'est pas surpris par ce démenti auquel il ne croit pas. "Ce qu'il dit est de bonne guerre. C'est une guerre de communication et il ne peut pas l'avouer. C'est un argument qui tient du point de vue logistique et technique mais le fait de contrôler ces zones leur donne l'opportunité d'avoir un regard sur tout ce qui se fait. Et à partir de là, les groupes armés sont aussi un acteur dans ce commerce."...Les autorités centrafricaines demandent que le processus de Kimberley censé lutter contre les diamants de sang soit revu parce que jugé trop lourd. Comme il met beaucoup de temps à certifier les diamants, certains se tournent vers le marché noir. Selon Cresson Beninga, "cela impacte effectivement sur le processus et ça débouche sur ce que nous décrions tous : le commerce illicite et illégal de ces pierres précieuses." Les chiffres évoqué dans le rapport des Nations Unies sont en tous cas révélateurs. Les exportations de pierres précieuses profitent plus aux trafiquants et aux groupes armés qu'à la caisse de l'Etat centrafricain.

 

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Rapport
15 October 2018

Conseil de sécurité des Nations Unies: La situation en République centrafricaine - Rapport du Secrétaire général

Auteur: Conseil de sécurité des Nations Unies

En dépit de l’embargo sur les armes et du régime du Processus de Kimberley, les groupes armés continuent de profiter de l’exploitation illégale de ressources naturelles, des taxes perçues à des points de contrôle illégaux et du trafic d’armes. Ils ont ainsi renforcé leurs positions en dehors de la capitale sans grande opposition...Du fait de l’importance de l’économie de guerre, en particulier de l’exploitation illicite des ressources naturelles, le Gouvernement et ses partenaires de développement devraient s’attaquer sans tarder à l’ensemble de ce problème...les groupes armés ont maintenu, voire renforcé, leur position et leur influence dans leurs bastions respectifs et continuent de tirer profit de la taxation illicite et de l’exploitation illégale des ressources naturelles. L’économie de guerre, l’un des principaux facteurs de conflit, doit cesser. Des mesures drastiques doivent être prises pour mettre un terme à ces activités...Je suis préoccupé qu’en République centrafricaine et dans la région, des secteurs non gouvernés pourraient s’agrandir et être utilisés par certains acteurs à des fins d’extrémisme violent. Il faut absolument agir de manière décisive...

 

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