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Article

7 mai 2025

Auteur:
Loubna Chlaikhy, La Converse

Canada: L’agence de placement Iris accusée d'abus, de non-paiement et d'intimidation des travailleurs migrants

Allégations

" Agence de placement Iris – le calvaire de travailleurs immigrants « exploités »" 7 mai 2025

Ils sont venus pour travailler, pour subvenir aux besoins de leurs familles, pour se bâtir une vie meilleure dans un pays réputé pour sa justice sociale. Ce lundi matin, sous un ciel gris printanier à LaSalle, ils étaient une dizaine rassemblés devant les anciens locaux de l’agence Iris, brandissant des pancartes où se lisait leur rage : « Écœurés d’être méprisés ! »

« Cette entreprise a voulu nous esclavagiser », souffle Patrick*, un ex-employé de l’agence de placement Iris à LaSalle. Comme lui, plusieurs anciens travailleurs sont venus dénoncer une injustice qui a chamboulé leur vie : celle d’un système d’immigration et de permis de travail fermés qui, au lieu de les protéger, les a exposés aux abus. L’usage de permis de travail fermés par les agences de placement est pourtant une pratique interdite au Québec. Ce permis de travail doit normalement être lié non seulement à un employeur unique, mais également à un poste unique. Toutefois, pour « louer » la force de travail de ces immigrants à des entreprises tierces malgré tout, certaines agences de placement repèrent les failles juridiques. C’est le cas de l’agence Iris.

Des visages fatigués, mais déterminés. De manière anonyme ou à découvert, ces immigrants racontent les mêmes histoires. Des heures de travail non payées, des contrats jamais reçus, des fiches de paie introuvables et, surtout, la peur constante d’être expulsés à cause de l’irrégularité dans laquelle ils ont été poussés.  [...] Les conséquences de cette affaire vont bien au-delà de la question financière. Le stress psychologique engendré par l’instabilité administrative, par l’incapacité à payer un loyer ou à nourrir sa famille, ainsi que par la peur d’une expulsion a laissé des traces profondes. Certains travailleurs rapportent des troubles du sommeil, de l’anxiété chronique… Patrick et Fouad, deux des victimes de ce stratagème, ont accepté de nous confier leur histoire.