Italie : Prada se sépare de plus de 200 fournisseurs et sous-traitants pour violations du droit du travail découvertes après des audits
"Plus de 200 fournisseurs écartés, des surveillances nocturnes... Prada tente de reprendre la main sur sa chaîne d’approvisionnement italienne après de terribles scandales", 29 janvier 2026
Sous pression judiciaire et médiatique, la griffe de mode milanaise, Prada multiplie les audits et coupe les ponts avec des centaines de ses fournisseurs...
Depuis quelques années, le luxe italien est secoué par une série d’enquêtes judiciaires révélant l’envers d’un modèle: une chaîne d’approvisionnement fragmentée, opaque, et parfois marquée par l’exploitation de travailleurs précaires. Dans ce contexte explosif, la griffe Prada tente de se démarquer par une politique d’audits internes présentée comme une stratégie de "tolérance zéro".
Selon une enquête du Financial Times, publiée le 29 janvier 2026, Prada a mis fin à sa relation avec plus de 200 fournisseurs et sous-traitants au cours des cinq dernières années, à la suite de violations de conformité découvertes lors d’un vaste programme d’audit lancé en 2020.
Le groupe milanais affirme avoir conduit plus de 850 inspections sur site auprès de ses fournisseurs italiens, y compris des surveillances nocturnes devant les usines de sous-traitants — un dispositif rare dans l’industrie. Plus d’un quart de ces inspections ont abouti à une résiliation de contrat.
... Les audits ont mis au jour des infractions graves au droit du travail à l'image d'ouvriers dormant à l’intérieur des ateliers, absence de dispositifs de sécurité, manquements aux règles sanitaires ou encore problèmes de gestion des déchets...
A noter que cette politique de contrôle renforcé s’inscrit dans un climat de pression judiciaire croissante sur l’ensemble du luxe italien. En effet, depuis 2024, les procureurs de Milan mènent une enquête d’ampleur sur des soupçons d’abus de travail dans les chaînes d’approvisionnement nationales...
Dans des documents judiciaires cités par le Financial Times, les procureurs estiment avoir découvert un système d’exploitation "tellement enraciné qu’il peut être considéré comme faisant partie d’une politique commerciale plus large visant exclusivement à augmenter les profits"...