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Le Gabon figure parmi les pays africains qui subissent le plus l'accaparement de leurs terres par des investisseurs étrangers, selon "l'Atlas des Afriques"

"Accaparement des terres : le Gabon, dans le top 10 mondial des pays dépossédés", 27 juillet 2020

Tout récemment paru, ‘’L’Atlas des Afriques’’, réalisé le journal Le Monde Afrique et l’hebdomadaire La Vie, classe le Gabon dans le top 10 des «pays dépossédés peu à peu de leurs terres», avec plus d’un million d’hectares vendus ou loués...Selon le dernier atlas publié par Le Monde Afrique, le continent noir compte la moitié des surfaces cultivables «disponibles» dans le monde. Mais, de nombreux pays étrangers au continent accaparent ces terres, fragilisant la sécurité alimentaire et environnementale des populations locales...

 L’Atlas note que le Gabon compte parmi les pays cibles des Etats-Unis, de Singapour, de la Chine, de la France, de l’Italie et de l’Inde. Si l’emprise de Singapour ne fait plus débat au Gabon du fait des plantations d’hévéa et de palmier à huile détenues...on ne devra pas oublier les autres opérateurs forestiers asiatiques, notamment les Chinois. Ceux-ci ont en effet accru, ces dernières années, leur productivité dans l’exploitation forestière, 74% des superficies attribuées à l’exploitation forestière leur appartiennent d’ailleurs. Olam, pour sa part, a «déboisé depuis 2012 environ 20.000 hectares de forêts dans ses concessions gabonaises», selon les données, datant de 2017, des ONG environnementalistes Mighty Earth et Brainforest. Réajustant ce chiffre, la multinationale déclarait plutôt 25.000 hectares, précisant qu’il s’agissait «de forêts secondaires hautement exploitées et dégradées» et que cette superficie ne représentait que 0,1% des zones forestières du Gabon...

Selon les cartes et infographies de l’Atlas du journal Le Monde Afrique, le Gabon figure parmi, «les 10 premiers pays africains, en millions d’hectares vendus ou loués depuis 2000». Il occupe le 9ème rang dans «le top 10 mondial (des) pays où des transactions ont lieu depuis 2010» avec «plus d’1 million d’hectares vendus ou loués». 

Les gouvernements complaisants quant à cet accaparement des terres et les investisseurs étrangers complices présentent le phénomène comme un levier de développement, favorable aux agricultures locales et comme une rente devant permettre le financement d’autres projets. En réalité, cet accaparement foncier ne débouche quasi exclusivement que sur des monocultures intensives tournées vers l’exportation et ne bénéficiant réellement qu’aux multinationales et gouvernants corrompus.