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Malgré les différentes accusations d’accaparement de terres dont elle fait l’objet, la Chine n’importe pas de quantités significatives de céréales d’Afrique, selon un économiste

"« La Chine reste un acteur discret dans l’agriculture africaine malgré les nombreuses polémiques » (Fred Gale)", 8 avril 2020

Fred Gale est économiste en chef au Service de recherche économique du Département américain de l’agriculture (USDA). Il analyse pour l’Agence Ecofin, les enjeux de la coopération agricole chinoise avec le continent africain. Sur les deux dernières décennies, la Chine a fait les gros titres de la presse internationale pour ses différents investissements sur le continent africain, notamment dans le secteur agricole. Alors que les détracteurs pointent du doigt un « accaparement des terres » et une menace pour la sécurité alimentaire, les plus optimistes voient plutôt une opportunité pour le continent africain. Mais au-delà des querelles, la réalité est bien plus nuancée qu’il n’y paraît...

Agence Ecofin : Depuis le début des années 2000, la Chine a placé l’agriculture au rang de priorité dans ses relations avec le continent africain. Cette considération pour le secteur a été réaffirmée à plusieurs reprises durant les différents Forums de coopération Chine-Afrique (FOCAC).  Quelle est la logique de l’intervention chinoise en Afrique ? 

Fred Gale : "La Chine est en réalité très soucieuse de montrer qu’elle contribue à la sécurité alimentaire mondiale en effectuant des missions d’assistance technique agricole sur le continent africain et en aidant les pays sur le marché international. Les opérations de la Chine dans le secteur agricole africain s’inscrivent dans une dynamique visant à construire un climat de bonne entente pour accéder soit aux matières premières stratégiques comme le pétrole, les minéraux et le bois, soit pour montrer l’engagement de la Chine dans la coopération internationale et la sécurité alimentaire globale. Le pays opère sur le continent africain aux côtés d’autres acteurs comme l’Union européenne (UE), les USA ou encore l’Arabie saoudite..."

AE : La Chine a été souvent pointée du doigt par plusieurs médias et organisations non gouvernementales pour son rôle dans la « ruée vers les terres » dans de nombreux pays en développement comme ceux du continent africain. Ce processus souvent assimilé à de « l’accaparement des terres » serait motivé par des projets agro-industriels portant sur des milliers d’hectares.  Quel est votre avis sur le sujet ?

Fred Gale : "Nous n’avons pas une idée précise de la superficie acquise par les compagnies chinoises ou des opérateurs individuels en Afrique. Il n’y a pas de statistiques sur cela...Mais la réalité est que les acquisitions foncières ne sont pas aussi immenses que l’attention qui leur est consacrée. Les investigations sur le terrain montrent que les projets concernés n’ont jamais été lancés ou que la taille des acquisitions a été exagérée. Malgré les différentes accusations d’accaparement de terres dont elle fait l’objet, la Chine n’importe pas de quantités significatives de céréales d’Afrique."