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Article

26 fév 2024

Auteur:
Mathilde Golla et Yiqing Qi, Ouest-France

Russie : 64 entreprises françaises maintiennent leurs activités malgré les pressions croissantes, selon une étude de Yale

"Pourquoi ces firmes françaises se maintiennent coûte que coûte en Russie", 25 février 2024

...Deux ans après le début de l’invasion de l’Ukraine, des firmes tricolores poursuivent leur activité dans le pays dirigé par Vladimir Poutine.

Au total, 64 entreprises françaises ont maintenu, au moins partiellement, des activités en Russie, d’après un recensement en temps réel des chercheurs de l’université américaine de Yale contre 18 groupes français qui se sont retirés. Des entreprises comme Lactalis, Groupe Rocher, Groupe Le Duff (qui affirme au contraire avoir quitté le pays l’an passé) mais aussi Auchan, TotalEnergies ou encore Saint-Gobain figurent au rang des présents.

Auchan martèle « rester en Russie et en Ukraine pour nourrir les populations locales et continuer à faire travailler ses salariés ». Lactalis tient un discours comparable puisqu’il soutient maintenir des « activités de production pour nourrir les populations civiles ». Quant au groupe Rocher, il dit rester pour « ne pas abandonner ses équipes sur le territoire russe » où il compte 453 collaborateurs et 350 magasins franchisés, ce qui représente environ 4 % de son chiffre d’affaires.

Tous affirment respecter les sanctions et condamner la guerre. Auchan « s’approvisionne uniquement auprès d’acteurs locaux et a cessé tout nouvel investissement en Russie ». Sa filiale russe fonctionne en autonomie et n’a « aucun flux financier avec lui ». Bercy affirme de son côté que « les entreprises françaises doivent respecter scrupuleusement les sanctions contre la Russie. Pour le reste elles sont libres de leurs choix », pourtant le discours du ministère était plus offensif au début de la guerre.

Toutefois, « il pourrait être reproché aux multinationales de contribuer à l’effort de guerre de l’État russe notamment en payant leurs impôts dans le pays », souligne Anna Kiefer, Chargée de contentieux et plaidoyer pour l’ONG Sherpa. « Ces groupes s’adonnent à une forme de complicité avec l’État russe. Il y a une contradiction entre les allégations de responsabilité de ces entreprises et le fait de rester en Russie », tacle Patrick D’Humières, auteur de « Entreprises et géopolitique : le business ou la planète » (Dunod).

Mais « on a constaté que l’avenir des filiales abandonnées par les entreprises étrangères en Russie était la prise de contrôle par le pouvoir russe. C’est une situation que nous tenons à éviter », se justifie le groupe Rocher. « Quand les autres groupes ont quitté la Russie avec des pertes importantes, ils ont directement fait des cadeaux aux repreneurs locaux, autrement dit aux oligarques et proches de Poutine », enchérit-on chez Auchan.

Ces entreprises ternissent aussi leur image en se maintenant dans le pays...

Mais le choix est aussi délicat car les départs sont coûteux... Au total, 600 multinationales européennes ont perdu au moins 100 milliards d’euros « à la suite de la vente, de la fermeture ou de la réduction de leurs activités russes », estime une analyse du Financial Times...