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Article

23 mar 2023

Auteur:
AFP dans Voice of America (Etats-Unis)

Castel serait au centre de la lutte d'influence franco-russe en Centrafrique, selon des spécialistes

"La bière Castel, au milieu de la guerre d'influence franco-russe en Centrafrique", 22 mars 2023

La guerre d'influence franco-russe dans ce pays d'Afrique centrale...était jusqu'alors circonscrite à des trolls massifs sur les réseaux sociaux...

Les campagnes d'accusations réciproques entre Paris et Moscou en Centrafrique font rage depuis 2018, à telle enseigne que Facebook a supprimé en décembre 2020 des usines à trolls et autres supports d'"infox" administrés par la galaxie Prigojine mais aussi, selon elle, certains comptes "liés" à l'armée française...

La vidéo de l'attaque de la brasserie...authentifiée par la MOCAF...en est un nouveau vecteur. Et Castel est une cible idéale, objet d'une enquête préliminaire de la justice antiterroriste française pour "complicité de crimes de guerre": un présumé "arrangement financier" avec des rebelles pour la sécurisation des installations d'une autre filiale, la SUCAF. Depuis fin janvier, la MOCAF...était la cible de campagnes de dénigrement et menaces, dans la rue et sur la toile. "Castel c’est la mort", "Si vous achetez Castel, vous payez votre meurtre", lisait-on sur les pancartes d'une vingtaine de manifestants devant la brasserie mi-janvier. "Castel = Terroriste", proclamaient ailleurs des affichettes...

L'incendie criminel, "c'était une action commanditée, une attaque-éclair", "cinq minutes au total", observe Ben Wilson Ngassan, consultant en communication de la MOCAF qui a dénombré le jet "d'une trentaine de cocktails Molotov".

Les treillis, familiers à Bangui, la Kalachnikov dans le dos, les attitudes, les silhouettes et "carrures assez athlétiques"... Même si leurs visages n'apparaissent pas, une source européenne proche du dossier s'est fait une religion avec la vidéo: ce sont des Wagner. Mais, dès le lendemain, réseaux sociaux et médias pro-russes parlent de Centrafricains ou de "mercenaires", déguisés pour faire porter le chapeau à Wagner. "Payés" par la France...

ONU, UE, ONG et des capitales occidentales, Paris au premier chef, accusent régulièrement les Wagner – mais aussi les rebelles – de crimes contre les civils. Et la France reproche à M. Touadéra d'avoir, en échange de leur soutien militaire contre la rébellion, troqué les richesses de son pays, or et diamants notamment, à toute une galaxie de sociétés liées, selon l'ONU et Paris, à Wagner...