Douze ONG dénoncent des omissions de Glencore dans son rapport annuel sur le développement durable ; avec la réponse de l'entreprise

Douze ONG ont signé un communiqué conjoint dénonçant des omissions et l'affirmation que Glencore n'avait pas connu d'incident grave relatif aux droits humains au cours de l'année 2019 dans le rapport annuel de développement durable de l'entreprise. Les ONG soulignent que le rapport mentionne le décès de trente mineurs dans l'effondrement d'un puits sur une exploitation minière de l'entreprise en République Démocratique du Congo et le décès de ving-et-une personnes après la collision d'un camion d'acide sulfurique, mais ne compte pas ces incidents comme des « incidents graves ».

Le Centre de Ressources sur les Entreprises et les Droits de l'Homme a invité l'entreprise à répondre à ces allégations. La réponse est incluse ci-dessous.

Cette histoire est également accessible en anglais.

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Réponse
8 June 2020

Réponse de Glencore

Auteur: Glencore

Glencore a conscience de la gravité des incidents et de leur impact tragique sur les membres de nos communautés.

Nous avons fait preuve de transparence en ce qui concerne l'incursion illégale de l'ASM et les incidents liés à des camions d'acide provenant de tiers. Nous avons inclus des informations importantes sur ces événements, aussi bien dans notre rapport annuel que dans notre rapport de développement durable. Nous y faisons état des contrôles qui ont eu lieu à la suite de ces événements, ainsi que des mesures qui ont été prises afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent. De plus amples détails sur les incidents en question seront publiés prochainement dans notre rapport sur les droits de l'homme.

Nous projetons de revoir la classification d’incidents liés aux droits de l'homme, qui est actuellement encore basée sur le degré de contrôle qu’exerce une entreprise sur une activité.

Article
2 June 2020

Faire d’un lion un chat

Auteur: Benito Perez, Le Courrier

«Zéro incident grave» en matière de droits humains. L’année 2019, telle que présentée mardi par le Rapport de la multinationale minière Glencore sur le développement durable, est une de ces opérations surréalistes auxquelles a fini par nous habituer le capitalisme...Sous les quatre pages consacrées aux droits humains, la société basée à Zoug peut enterrer une seconde fois les trente mineurs décédés il y a un an dans l’effondrement d’un puits congolais, ou les vingt-et-une personnes tuées par un camion-citerne d’acide sulfurique qui se rendait en février 2019 dans une autre mine du pays...

Ces deux affaires sont loin d’être les seuls «oublis» du rapport, dénoncent douze ONG, qui listent dans un communiqué conjoint les passifs du géant minier, une nouvelle fois pris en flagrant délit de blanchiment social: travail des enfants, optimisation fiscale, pollutions diverses, soupçons de corruption…il n’est pas inutile de le rappeler alors que les partisans de l’autorégulation font feu de tout bois cette semaine aux Chambres contre l’initiative Pour des multinationales responsables...Ce n’est pas affaire de morale mais de nature de ces constructions juridico-économiques et de concurrence. Leur demander de s’autodiscipliner, c’est exiger d’un lion qu’il devienne chat parmi les lions...la Suisse...pourrait limiter les dégâts causés par ses entreprises hôtes et donner quelques armes d’autodéfense aux populations. L’initiative des ONG offre cette rare opportunité.

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