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Article

31 jan 2026

Auteur:
Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL)

Mexique et Canada : Violations des droits des travailleurs migrants

"Mexique, États-Unis et Canada : une réalité tragique pour les travailleurs migrants", 31 janvier 2026

« Dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale, une rencontre internationale était organisée pour une troisième année consécutive intitulée «Réflexion transnationale sur la criminalisation des migrant·es». Il s’agissait d’une rencontre internationale à l’initiative du CISO, du CDHAL, de Développement et Paix, du SLAM et de l’AQOCI. L’événement analysait ce phénomène à travers trois contextes nationaux : le Mexique, les États-Unis et le Québec. Il a permis d’esquisser le portrait d’un système nord-américain d’exploitation migrante ».

Au Mexique, Isabella Nemecio, du Centre d’études sur la coopération internationale et la gestion publique (CECIG), nous décrit la situation des travailleurs et travailleuses, en particulier autochtones. En effet, on observe une migration massive des populations autochtones vers le nord du Mexique, en raison du manque d’emplois lié à l’industrie agricole. Le milieu agricole, développé et influent dans le pays, est responsable de cette situation.

En 2025, Amnistie internationale a mené une enquête qui confirme les conclusions du rapport du CECIG sur les violations commises par les entreprises agricoles à l’encontre de leur personnel. Parmi ces violations, on compte des salaires impayés, des conditions de travail et de vie déplorables, des actes de violence et de la négligence. Pour essayer de faire entendre leur voix au sujet des violations qu’ils subissent, des grèves sont menées et des dénonciations de violations de leurs droits sont diffusées.

La mise en place de mesures pour protéger leurs droits, comme la reconnaissance de ces groupes comme étant essentiels, la garantie d’un salaire juste, une sécurité sociale, l’interdiction de la sous-traitance et du travail des enfants, a quand même entraîné des violations. Les autorités locales et nationales ne prennent pas les mesures nécessaires pour que les entreprises agricoles soient considérées comme responsables, et ne permettent pas un accès adéquat aux ressources juridiques pour défendre leurs droits.

Avant leur départ pour le nord du Mexique afin d’y travailler, les recrues sont trompées par une série de promesses concernant leur logement, leur rémunération et leurs conditions de travail...

Viviana Medina est une militante et une coordinatrice au Centre des travailleurs et travailleuses immigrantes de Montréal, au Canada. Elle conteste l’idée fausse selon laquelle le Canada est un refuge pour les droits de l’homme. En effet, de nombreuses industries canadiennes tirent profit et exploitent une main-d’œuvre à bas coût.

Pour les populations du sud qui ont les moyens de migrer vers le nord, cela représente pour elles l’espoir d’une vie meilleure par rapport à ce qu’elles vivent dans leur pays d’origine. Cependant, il y a une énorme différence entre la perception du Canada et la réalité vécue par ces populations immigrantes.

Selon Amnesty International, les conditions de travail des migrants dans la construction et l’agriculture ressemblent souvent à de l’esclavage moderne, avec des permis de travail limitatifs qui confèrent un pouvoir considérable aux employeurs sur la vie quotidienne de leurs employés. Plusieurs cas de violence physique, sexuelle et verbale sont répertoriés au Canada. Des travailleuses sont kidnappées, enfermées et agressées par leurs employeurs, qui détiennent le pouvoir de mettre fin à leur permis de travail fermé et, ultimement, à leur perspective de vie au Canada...