RDC: Selon un rapport, des banques européennes financent une entreprise d’huile de palme qui viole les droits de ses travailleurs et pollue l'environnement

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12 February 2020

RDC : Un garde de sécurité de Feronia acquitté du meurtre d'un défenseur des terres congolais

Auteur: Farmlandgrab.org

Le tribunal de Mbandaka, capitale de la province de l'Equateur, en République Démocratique du Congo, a acquitté le tueur présumé d'un défenseur des terres, dans une décision surprise qui n'a pas été communiquée à la famille de la victime ni à son avocat. L'avocat de la famille de Joël Imbangola Lunea, un défenseur de l'environment et membre du RIAO-RDC qui a été brutalement tué le 21 juillet 2020, a été informé par le greffier du tribunal de Mbandaka que M. Boketsu Ebuka...chef de la sécurité de la société canadienne de plantation de palmiers à huile Feronia...a été acquitté des charges de meurtre le 4 février 2020. L'avocat...n'a appris cette décision qu'aujourd'hui, le 11 février, lorsqu'il s'est rendu au tribunal pour demander si M. Ebuka avait été libéré de prison... 

Le RIAO-RDC est choqué et indigné par cette décision soudaine du tribunal. De nombreux témoins oculaires confirment que M. Ebuka a brutalement assassiné Joël Imbangola Lunea le 21 juillet 2019, avec l'aide d'un autre agent de sécurité de Feronia. Ces témoignages confirment également que M. Ebuka a été motivé dans son attaque contre Joêl en raison de l'implication de Joël dans le RIAO-RDC, une organisation qui soutient les communautés de Boteka dans leur conflit foncier de longue date avec Feronia...

M. Ebuka a été représenté au tribunal par une équipe de 32 avocats qui ont déclaré au cours du procès qu'ils étaient payés pour représenter M. Ebuka par la filiale de Feronia en RDC, Plantations et Huileries du Congo (PHC). La décision d'acquitter M. Ebuka montre que des entreprises comme Feronia-PHC peuvent agir en toute impunité en RDC. Elle doit être renversée afin de rétablir un semblant d'État de droit, pour ne pas dire de justice, dans le pays

Les banques de développement européennes et américaines qui contrôlent Feronia Inc doivent agir immédiatement pour sanctionner leur client pour la répression continue qu'il exerce à l'encontre des leaders communautaires. Le groupe CDC du Royaume-Uni, le plus grand actionnaire de Feronia, a commandé une enquête indépendante sur le meurtre de Joël Imbangola Lunea qu'il a refusé de rendre publique jusqu'à la fin du procès. Maintenant que le tribunal a rendu sa décision, nous attendons du CDC qu'il rende ses conclusions pleinement accessibles au public.

 

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27 January 2020

RDC : Une communauté plaignante contre Feronia au couloir de la justice

Auteur: Farmlandgrab.org

5 voisins de Yalifombo (Basoko) comparaîtront demain devant le tribunal de Yangambi après avoir été enfermés pendant 5 mois...[Ils]...sont accusés par Feronia de destruction méchante d’un véhicule de la société, vol de 300 kg de noix de palme, menace de mort contre des agents de la société, coups et blessures volontaires et participation criminelle ou association de malfaiteurs. La communauté de Yalifombo, entourée par les plantations de palmes d’huile de Feronia, fait partie de 9 communautés locales de Basoko qui demandent la médiation de DEG (banque de développement de l'Allemagne qui co-finance Feronia) pour trouver une vraie solution au conflit qui oppose les communautés à ce multinational.

Selon la version des 5 prévenus emprisonnés à Kisangani, les arrestations ont commencé au moment où la communauté Mwingi a dénoncé la pratique de Feronia d’abandonner les déchets industriels polluants dans leur village de Yalifombo...

Pierre Kumyele, de RIAO, organisation mandatée par les communautés à préparer la plainte devant DEG, explique que le problème du fond est que la société Feronia a pris toute la terre arable, au point où la communauté se retrouve sans terres pour cultiver. La communauté réclame d'abord cette terre, elle réclame à ce que Feronia puisse leur donner leur part dans les bénéfices qu'ils ont accumulés depuis 1911...
 
Les communautés dénoncent aussi que Feronia n'a pas respecté le Code forestier qui oblige les exploitants industriels à négocier des clauses sociales avec les communautés. "Ils ont pris les membres de la communauté et ils les ont amené à Kisangani, ils leur ont fait signer un cahier des charges sans négocier, où ils disaient qu'ils vont construire de routes, des hôpitaux... Ça fait 2 ou 3 ans maintenant et après Feronia n'a rien fait de ces choses-là", dit Pierre Kumyele.

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3 January 2020

RDC : Les banques européennes de développement finançant Feronia lui demandent de prendre des mesures contre les violations des droits de l'homme perpétrées

Auteur: Luciana Téllez Chávez, Human Rights Watch

« Des banques de développement réagissent aux abus perpétrés dans les plantations d'huile de palme en RD Congo », 17 décembre 2019

Quatre banques européennes de développement ont annoncé qu’elles demanderaient à une grande entreprise spécialisée dans l’exploitation de l’huile de palme en République démocratique du Congo de prendre des mesures en vue de remédier aux violations des droits humains dont Human Rights Watch a fait récemment état dans un rapport.

Le rapport de 95 pages, intitulé A Dirty Investment (« Un sale investissement »), a conclu que Feronia, la compagnie financée par les quatre établissements bancaires, est responsable d’atteintes à la santé et aux droits du travail ainsi que d’une détérioration environnementale...

Les mesures annoncées par les banques comprennent la lutte contre les violations des droits du travail, à l’origine de salaires extrêmement bas, la garantie de parité salariale entre hommes et femmes, la réponse aux préoccupations des villageois au sujet de la contamination de l’eau et une série de mesures destinées à protéger la santé des travailleurs qui pulvérisent des pesticides.

Human Rights Watch assurera un suivi de la mise en œuvre par les banques de ces mesures. Il manque toutefois encore un engagement de leur part à remédier aux insuffisances constatées en matière de surveillance et de lutte contre l’impunité, insuffisances qui ont permis la perpétration d’abus sous leur nez...

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26 November 2019

RDC : Feronia accusée d’atteinte à l’environnement et aux droits des travailleurs par HRW

Auteur: Espoir Olodo, Agence Ecofin (Suisse)

Dans son nouveau rapport publié ce lundi et baptisé « Un sale investissement : Rôle des banques européennes de développement dans les abus commis dans le secteur de l’huile de palme en RD Congo », l’ONG Human Rights Watch accuse [Feronia] et sa filiale locale Plantations et Huileries du Congo (PHC) de violer les droits des travailleurs et de porter préjudice à l’environnement. « PHC sous-paie souvent ses travailleurs et se sert de contrats temporaires qui n’offrent pas de règlements en espèces, ce qui semble violer la loi congolaise. Des travailleurs des trois plantations sont exposés à de grandes quantités de pesticides dangereux parce que l’entreprise ne leur fournit pas d’équipements de protection adaptés », souligne l’organisation.  

Sur le plan environnemental, d’après HRW, le groupe pollue les réserves en eau au niveau de son périmètre d’activité s’étendant sur 100 000 hectares de palmeraies réparties à Boteka (province de l’Équateur), Lokutu (Tshopo) et Yaligimba (Mongala). « Au moins deux des moulins à l’huile de palme que possède l’entreprise, rejettent chaque semaine des tonnes de déchets non traités. Dans une des plantations, l’odeur pestilentielle envahit les domiciles des travailleurs, situés près du canal à ciel ouvert où sont rejetés les déchets », ajoute HRW.

Au-delà de ces questions liées au travail et à l’environnement, l’ONG dénonce l’implication des banques allemande (DEG), néerlandaise (FMO), britannique (CDC) et belge (BIO) qui ont injecté depuis 2013, près de 100 millions $ dans Feronia. 

 

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Rapport
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Auteur: Human Rights Watch (HRW), USA

This report examines the responsibility of four European development banks for abusive practices on oil palm plantations in the Democratic Republic of Congo. These banks – BIO, from Belgium; CDC Group, from the United Kingdom; DEG, from Germany; and FMO, from the Netherlands – are among the ten largest bilateral development financial institutions in the world...Human Rights Watch found that the banks have failed to ensure that the palm oil companies they finance in Congo are respecting the basic rights of the people who work and live on or near their plantations...

Since 2013, the four banks have invested a total of nearly US$100 million in the palm oil company Feronia and its subsidiary Plantations et Huileries du Congo S.A. (PHC)...which operates three oil palm plantations spanning over 100,000 hectares in northern Congo...In addition to being an investor, CDC Group is also a shareholder in Feronia: it currently owns 38 per cent of the company. The three plantations employ a total of nearly 10,000 workers. Approximately 100,000 people live on or within five kilometres of their property...

During field research in Congo between November 2018 and May 2019, Human Rights Watch visited the company’s three plantations and interviewed more than 200 people, including 102 PHC employees residing on or near the plantations, 20 Feronia and PHC executives and company managers, and 25 government officials...

Human Rights Watch found that lack of proper oversight by the banks has enabled Feronia and its subsidiary PHC to commit abuses and environmental harm that infringed upon health and labour rights. These abuses include exposing more than 200 employees to toxic pesticides without adequate protection; not providing employees exposed to hazardous materials with the results of medical examinations; and engaging in abusive employment practices that place many workers under the extreme poverty line. The plantations’ palm oil mills also routinely dump untreated industrial waste and may have already contaminated the only drinking water source of local communities...Recommandations...

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Article
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Auteur: FMO, CDC, BIO and DEG

As Development Finance Institutions (DFIs), our principle purpose is to deploy long-term investment in some of the poorest and most challenged regions to bring about positive social, environmental and economic change. In many instances we are challenged to do “the hardest things in the hardest places". Today’s Human Rights Watch report concerning our shared investment in PHC/Feronia, a palm oil producer for the domestic DRC market, highlights the need for further investment to improve environmental and working conditions at the company. Realising improvements to working conditions and community infrastructure is central to DFIs’ engagement with Feronia...

Today, worker wages at Feronia have more than doubled, and protective clothing is mandatory. Housing is constantly being renewed and restored, 72 wells have been drilled or renovated to provide clean water, and restored medical facilities are helping thousands of workers and non-workers every year...Throughout our engagement with HRW, we have been transparent about the company’s challenges. Complete access has been provided to the company’s operations - as can be seen by the detail in their report - and we had provided detailed answers and context to their questions... 

To be clear, the issues raised by HRW in its report are important and the company, owners and lenders are committed to tackling them. Actions we are taking are detailed below... 

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Document
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Auteur: Human Rights Watch (HRW), USA

The nine pesticides PHC uses on its three plantations have a total of six active ingredients, according to the company’s social environmental impact reports that the Congolese Agency for the Environment (ACE) approved in November 2017 and that are valid for five years. Of these nine, the report provides brand names for eight, and for the remaining one only the active ingredient is listed: glyphosate. Human Rights Watch researchers also photographed the original containers or labels of four brand-name pesticides in Lokutu and Yaligimba plantation, which were consistent with the pesticides listed in the social and environmental impact assessment. Half of the active ingredients in pesticides used in PHC plantations are considered hazardous by the WHO...

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Auteur: Farmlandgrab.org

Four European development banks are financing a palm oil company in the Democratic Republic of Congo that is violating workers’ rights and dumping untreated waste, Human Rights Watch said in a report...[The report]...documents that investment banks owned by Belgium, Germany, the Netherlands, and the United Kingdom are failing to protect the rights of people working and living on three plantations they finance. Human Rights Watch found that Feronia and its subsidiary in Congo, Plantations et Huileries du Congo (PHC), exposes workers to dangerous pesticides, dumps untreated industrial waste into local waterways, and engages in abusive employment practices that result in extreme poverty wages...

“These banks can play an important role promoting development, but they are sabotaging their mission by failing to ensure that the company they finance respects the rights of its workers and communities on the plantations,” said Luciana Téllez, environment and human rights researcher at Human Rights Watch and author of the report. “The banks should insist that Feronia remedies the abuses and commits to a concrete plan to end them.”..

Workers on the three plantations are exposed to large amounts of hazardous pesticides due to the company’s failure to provide adequate protective equipment, Human Rights Watch found...Many described skin irritation, pustules, blisters, eye problems or blurred vision – symptoms consistent with what scientific literature and the pesticide’ labels describe as health consequences of exposure. Some pesticides used on the plantations can also have long term effects, like cancer, from repeated exposure... 

 

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Auteur: Human Rights Watch (HRW), USA

The largest agricultural employer in the Democratic Republic of Congo is Plantations et Huileries du Congo S.A. (PHC). In a country where two-thirds of the population live in poverty, PHC employs thousands on its oil palm plantations. The company, a subsidiary...Feronia...has received millions of dollars from the development banks of four European countries – Belgium, Germany, the Netherlands, and the United Kingdom. The employment provided by PHC could be critical in lifting people out of poverty and improving their lives. However, many workers are exposed to toxic chemicals, paid extremely low wages, or housed along streams of industrial waste. Birgit Schwarz speaks to researcher Luciana Téllez-Chávez about her new report, the role of development banks, and what needs to change to keep development money from funding labor abuses and pollution...

[Birgit Schwarz]: What abuses did you find?

[Luciana Téllez-Chávez]: We spoke to more than 100 workers across the company’s 3 plantations and found that workers who applied or mixed pesticides didn’t have adequate equipment to protect them from toxic chemicals, abusive employment practices resulted in extremely low wages, especially for women, and the company dumps untreated, foul-smelling waste in rivers and next to workers’ homes, a practice that appears to have contaminated the only drinking water source for hundreds of villagers downstream...

[Birgit Schwarz]: What kind of pesticides are being used on PHC’s plantations?

Half of the active ingredients in the pesticides PHC uses are considered hazardous by the World Health Organization (WHO). Most have properties that cause skin problems and severe eye damage. One of the pesticides used can cause cancer, and Germany is planning to ban it by 2023. European regulators recently recommended revoking the permit for another pesticide used on PHC plantations because it can affect the nervous system.

[Birgit Schwarz]: Was the plantation workers’ health affected by these pesticides?

[Luciana Téllez-Chávez]: Over 200 workers spray or mix pesticides on PHC plantations. Each day, sprayers will treat between 300 and 600 palm trees and mixers will blend 200 gallons (approximately 757 liters) of pesticide formula. They are handling huge volumes of toxic chemicals. We interviewed more than 40 of these workers. Two-thirds of them told us that they had become impotent since they started the job. Many suffered from skin irritation, itchiness, blisters, eye problems, or blurred vision – all symptoms that are consistent with what scientific texts and the products’ labels describe as health consequences of exposure to these pesticides...  

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Article
25 November 2019

RD Congo : Des banques de développement impliquées dans des abus dans le secteur de l’huile de palme

Auteur: Farmlandgrab.org

Quatre banques de développement européennes financent actuellement une entreprise d’huile de palme en République démocratique du Congo qui viole les droits des travailleurs et rejette des déchets non traités, a déclaré Human Rights Watch... 

Le rapport...intitulé « A Dirty Investment: European Development Banks’ Link to Abuses in the Democratic Republic of Congo's Palm Oil Industry » (« Un sale investissement : Rôle des banques européennes de développement dans les abus commis dans le secteur de l’huile de palme en RD Congo »...décrit en quoi des banques d’investissement d’Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas et du Royaume-Uni négligent de protéger les droits des personnes qui travaillent et vivent dans trois plantations qu’elles financent. Human Rights Watch a constaté que Feronia et sa filiale en RD Congo, Plantations et Huileries du Congo S.A. (PHC), exposaient les travailleurs à des pesticides dangereux, rejetaient des déchets industriels dans les cours d’eau locaux et se livraient à des pratiques d’emploi abusives qui se traduisent par des salaires correspondant à l’extrême pauvreté...

« Ces banques pourraient jouer un rôle important pour favoriser le développement, mais elles sabotent leur mission en ne s’assurant pas que l’entreprise qu’elles financent respecte les droits de ses travailleurs et des communautés vivant dans les plantations », a déclaré Luciana Téllez, chercheuse auprès de la division Environnement et droits humains de Human Rights Watch et auteure du rapport. 

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