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文章

2025年1月14日

作者:
Juliette Dubois, RFI

Afrique: L'intelligence artificielle complique la lutte contre les fausses informations sur le continent, selon des experts

"L'intelligence artificielle complique la lutte contre les «fake news» sur le continent africain", 14 janvier 2025

En Afrique de l’Ouest et en particulier dans le Sahel, une thématique fait particulièrement l’objet de fausses informations et manipulations. « 80-90 % des fausses informations sont basées sur la question sécuritaire, explique Malick Konaté, journaliste, à la tête de la nouvelle plateforme Fact Africa. On a l'habitude de voir des petites vidéos qui ont été générées par l'intelligence artificielle pour dire que tel groupe a attaqué tel groupe ou même l'armée a attaqué tel groupe. »

Démêler le vrai du faux devient de plus en plus compliqué avec des puissants outils d’intelligence artificielle en accès libre. « Tout récemment, il y a une vidéo qui circulait de l'artiste Aya Nakamura. Les ressortissants des pays de l'AES (Alliance des États du Sahel) ont diffusé cette vidéo-là, disant que l'artiste a chanté pour Assimi Goïta et Ibrahim Traoré. À travers l'IA, on peut générer la voix d'un artiste et on peut écrire les textes. »

...Rita Pascale est juriste, blogueuse et présidente de l’association des blogueurs de Côte d’Ivoire. Elle constate : « Il y a eu une arrestation toute récente d'un activiste politique qui avait fait état d'une situation qui était dans les prisons au niveau de la Côte d'Ivoire, qui disait que des prisonniers politiques étaient maltraités avec à l'appui des photos. Ces photos étaient sorties de leur contexte, ce n'étaient pas des photos de la prison. »

Dans ces cas-là, des outils simples existent pour vérifier la provenance des images. Le collectif Fact Africa souhaite donc faire de l’éducation aux médias pour sensibiliser le public à ces réflexes de vérification...

Derrière la diffusion de fake news, on trouve des robots automatisés qui partagent les contenus, des militants politiques, ou des internautes bien intentionnés qui se font berner. Mais il y a également de plus en plus de mercenaires de l’information, choisis parce qu’ils ont une large communauté avec qui partager ces informations. C’est ce qu’a constaté Sally Bilaly Sow, qui est à la tête de Guinée Check.

« Il y a des entrepreneurs d'influence qui se mettent en place dans l'optique de sous-traiter l'information pour pouvoir justement ne pas trop s'afficher », explique-t-il. « Dernièrement, il y a eu un message qui avait été partagé en Guinée dans des groupes WhatsApp. Il s’agissait de proposer à des gens de republier un message. D'après les auteurs, il y a un coup de déstabilisation de la Guinée qui allait être perpétré par une puissance occidentale. Il suffisait juste de diffuser sur ta page Facebook ou ton compte, tu allais recevoir minimum 100 €. Vous imaginez 100 € dans des pays où parfois les revenus n'atteignent même pas les 100 € »...