RCA : au moins 49 morts dans l’effondrement d’une mine d’or à la frontière camerounaise
"Éboulement meurtrier de Zamboï : "Le débat au Cameroun pour assainir le secteur minier va reprendre de plus belle""- RFI, 20 août 2026
« C'est une catégorie d'accident très fréquente, surtout au cours de la saison des pluies, parce que les sols sont imbibés d'eau et on peut avoir assez rapidement des sols qui s'affaissent. C'est quelque chose qui arrive souvent, mais jamais, absolument jamais, à cette ampleur », a déclaré Samuel Nguiffo, directeur du Centre pour l'environnement et le développement et spécialiste des questions minières au Cameroun. Pour expliquer le nombre élevé de victimes, il souligne que le drame a eu lieu en période de vacances scolaires : « Il y a beaucoup de gens, y compris beaucoup de jeunes, qui sont à la recherche d'argent pour préparer les rentrées scolaires. En temps normal, ce sont des sites qui sont extrêmement bondés de personnes. »
« Dans un chantier informel, il n'y a pas un responsable qui organise toutes ces questions. Les constructions coûtent plus cher que ce qu'on pourrait attendre d'un artisan minier particulier… Ce qu'ils font, c'est que chacun essaie de trouver un peu d'or, mais pas d'investir dans des infrastructures de cette nature. Il est question d'exploiter le plus rapidement et de s'en aller. » Nguiffo précise qu'il s'agit d'« une forme d'illégalité qu'il est assez difficile de combattre parce qu'il s'agit parfois de milliers de personnes. Les mettre hors du site serait assez mal perçu par les natifs, par les locaux, qui estiment que l'or fait partie de ce que la nature leur a donné et qu'ils peuvent l'exploiter pour subvenir à leurs besoins. »
« J'ai l'impression que cet accident agira comme une piqûre de rappel pour tous nos décideurs, mais aussi pour les compagnies qui achètent de l'or, qui doivent pouvoir investir ou être obligées d'investir pour améliorer les conditions de production… Avoir cet accident rappellera l'importance de la question sécuritaire. Il faut s'assurer qu'il n'y ait plus d'accidents de cette nature », a conclu Nguiffo. « Je crois que le débat au Cameroun, qui consiste depuis le début de cette année à assainir le secteur minier, le secteur artisanal, le secteur de la petite mine, de la mine semi-mécanisée, va reprendre de plus belle. »