Fin du procès Lafarge : le Parquet antiterroriste a requis la condamnation de tous les prévenus
Après six semaines d’audiences, le procès historique contre la multinationale Lafarge et plusieurs de ses anciens dirigeants s’est achevé au tribunal judiciaire de Paris. Le délibéré sera rendu le 13 avril 2026, dix ans après la plainte déposée par ECCHR et Sherpa, aux côtés d’anciens employés syriens...
Dans leurs réquisitions finales, les procureures du parquet national antiterroriste (PNAT) ont appelé le tribunal à condamner l’ensemble des accusés. Elles ont requis la peine maximale pour Lafarge en tant qu’entreprise, des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à huit ans – dont six ans pour l’ancien PDG du groupe, Bruno Lafont – et des interdictions d’exercer des fonctions commerciales. Elles ont décrit les choix des accusés comme étant « ahurissants de cynisme », soulignant qu’ils n’avaient montré aucun remords tout au long du procès. Les procureures ont déclaré qu’il n’y avait « aucun doute » que les accusés savaient exactement ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont transféré des millions d’euros à l’État islamique, « des sommes qui nous donnent le vertige » et qui constituent, de loin, un record « inédit » dans l’histoire judiciaire française...
Il est essentiel de tenir Lafarge responsable de ses actions en Syrie dans le cadre de la lutte contre l’impunité des multinationales, afin de garantir que les entreprises ne puissent pas exploiter les populations vulnérables, ni alimenter la violence dans les zones de conflit...
« Les preuves présentées au cours du procès ont de manière frappante déconstruit les tactiques qui ont permis aux multinationales de garantir leur impunité : se cacher derrière des filiales à l’étranger, se dérober à leurs responsabilités grâce à des chaînes décisionnelles complexes et à la soi-disant « neutralité des entreprises », a ajouté Cannelle Lavite du ECCHR...
...Lafarge reste accusée de complicité de crimes contre l’humanité dans le cadre de l’instruction judiciaire en cours...